‹ Voltaire, créancier du WürtembergChapitre 8 sur 26 · ET SONT ACTUELLEMENT DAN'- LA FAMILLE ROSSEL · texte numérisé non relu

ET SONT ACTUELLEMENT DAN'- LA FAMILLE ROSSEL

(22 Xb'e 1767) Voltaire au Conseil.

Messieurs,

Aianl eu l'honneur de recevoir aujourd'hui une lettre de Monseigneur Le Duc de Virtemberg du 9 décembre par laquelle il me mande que vous allez finir avec moi. J'attends l'effet de ses promesses et des vôtres.

Je n'ai poinl entendu parler des dix mille livres qu'on disail être pour moi a Colmar. Vous me devez , par mes comptes faits au Mesrs Jeanmaire el Surleau soixante el treize mille livres à la lin de ce mois, el d'avantage, en y comprenant mes frais. Il vous sérail liés aisé de me faire envoïer une lettre de change de dix mille livres actuellement, el une autre de dix mille li vies dans le courant de janvier, en me donnant des délégations pour le reste, ainsi que vous me l'avez promis. Je voussuppliede m'envoïer ces délégations sous l'envelope de M. Le premier secrétaire de l'intendance de Franche-Comté qui me fera tenir le paquet sûrement el promptement. Nous voiez que j'entre dans toutes vos peines, .le me Halle que vous entrez aussi dans les miennes, el que vous me rendrez la justice qui m'esl due.

J'ai l'honneur d'être avec toute l'envie de mériter vos hontes.

Messieurs,

Votre 1res humble el très « il )i-i>san I serviteur,

A Ferney. 11 Xbre 17(17.

Signée • [Collection Rossel .

(25 Xb" 1767) Voltaire au Duc Charles-Eugène

Au château de Ferney, -•"> Xbrc I7<>7.

Monseigneur,

Je me tourne de tous les côtés pour me tirer du triste état où je suis, el pour procurer à votre chambre de Montbéliard les facilités qui luy sont absolumenl nécessaires. Je ne cherche qu'il servir votre Altesse Sérénissime, en m'assurant mes droits suivanl votre justice. Je trouve nu Genevois qui consenl à vous prêter, Monseigneur, en votre propre ri juive nom sur votre billet payable a ordre soixante mille livres pour un an. .l'en demeurerai même caution, s'il le faut, en cas que le Genevois s'y obstiné. Il ne demande que l'intérest ordinaire à cinq pour cent.

Votre Altesse Smc n'a qu'à me confier son billet.

dje paierai au 15 janvier I7<'>s, preiix au S1 Rafol ou « à son ordre, la somme de soixante mille livres de a France, valeur reçue comptant, dalle el signé ».

Si m m s voulez sans vous gêner, me payer quelque chose sur celle somme, vous serez le maître.

Si vous voulez aus>i pour mettre vos affaires en règle avec uiov, approuver le projet que j'ay l'honneur de vous adresser : c'est l'alïaire d'un moment, el vous serez déli- \ ré d'un fardeau incommode.

Ce projet communiqué a deux avocats leur a paru fort raisonnable, il vous donne toutes les facilités possibles. Personne ne peut être heureux sans avoir de l'ordre dans ses afaires ; le même homme qui vous prête, nie prêtera aussi dès que vous aurez eu la boule de m'envoier le double de l'ordre que je demande a votre Ah sérénissime pour votre Chambre de Montbéliard, (parceque l'acceptation de vos fermiers sera sa sûreté).

Si vous aime/ mieux m'envoier un homme de confiance, je luy ferai délivrer les 60,000 livres . cl il me remettra voire rescripl concernant les délégations.

Votre Altesse Sme me permettra-t-elle de la prier qu'en cas qu'elle m'envoye un homme chargé de ses ordres, il arrive avec deux bons chevaux de carosse, je les luy achèterai, ayant été obligé de vendre les miens, el je luy en donnerai un pour son retour.

Je vous demande pardon, Monseigneur, de la liberté que je prends; mais vos bontés me donnenl cette confiance.

Je suis avec le plus profond respect, Monseigneur,

De voire Altesse Sérénissime, le très humble et très obéissant serviteur.

[Autographe signée). [Collection Rossel).

(29 »e ne")

Voltaire au Conseil de Montbéliard

2'.l \b,v 17(57, il Ferney.

.Messieurs.

Je dois d'abord vous dire que M' Jeanmaire vient de m'envoïèr huit mille livres en lettres de change païables dans trois mois, au lieu de douze mille livres comptant. Mais je n'en persiste pas moins dans l'esprit de concilialion que je vous ai toujours marqué, el dans les arrangements que vous avez acceptes.

En pressant l'exécution de ces arrangements, je songe a vous épargner des Irais inutiles et à vous donner toutes les facilités que vous pouvez désirer. Il est de règle qu'on fasse signifier aux fermiers ou régisseurs, les con tracts en vertu desquels on établit des délégations sur eux. Ces contracts, en Franche-Comté doivent être controllés par les receveurs des domaines du Roy-, et ces controllés sont fort chers. Le contracl de deux cent mille livres que j'ai été obligé de faire controller en Franche-Comté pour soutenir mes droits contre les co-créanciers , a coûte trente-trois

louis d'or avec les autres trais; plus, il a trois louis d'of pour l'insinuation à Gex.

\in-i. .Messieurs, vous n'aurez plus rien à' dépenser en faisan) signifier ce contract de deux ceul mit le livres à vos fermiers des terres de Montbelliard situées en Franche- Comté. Vous pourriez seulement faire mettre sur la copie du contract signifiée « que 1rs droits ont été acquités mi doit munir du Hui ». Voilà pour ce qui regarde cette province.

Quant aux délégations sur le- terres d'Alzace, c'est autre chose. Les droits de controlle n'y sonl pas établis, et il ne von- en coûtera que les petits frais qu'il m'a fallu faire contre les marchands de Lyon, qui avaient ^;iisi sur Richwir; le tout se montera ù 900 livres.

Je dois vous informer, .Messieurs, que dès que j'aurai mes délégations en bonne forme, acceptées par les fermiers et régisseurs; et quand je serai assuré qu'ils ne pourront paier désormais à d'autres qu'à moi, je trouverai sur le champ de l'argent à Genève, non seulement pour mes besoins pressants, mais encore pour le service de Mg1 le Duc de Virtemberg, dont je serai la caution (les Genevois ne voulant point se commettre ;i traiter avec un prince Souverain, et voulant toujours avoir leur recours sur îles particuliers, i

J'ai eu l'honneur de mander a S. A. s. que je trouvais un Genevois toul prêt à lui prêter soixante mille livres pour un an à cinq pour cent, sur son billet ;i ordre. S'il veut en ordonner quelque chose pour libérer ses terres de Montbelliard, il est le maître.

Jugez de me- procédés, Messieurs: je les soumets à vos lumières et ;i votre équité.

.lui l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois.

Messieurs,

Votre Ire- humilie et Ires

obéissant serviteur, Voltaire.

Signée . i ' ollection Rossel

or>e-i^&&> jLt^L* K&i<fiJ~y t/*~fr&> tst/t£-4Se> J&re.n^iSt+yvaJ

ie^uj

esvtrty^ é&teeéSts Se^n+ïS»*^

Cependant, suivanl une lettre du 17 octobre adressée â Chrislhi

receveur général des domaines ilu roi à Besançon . \ oJtaire lui

prescrivait, en cas de non paiement de ses quartiers, défaire

une r~;i i — i » ■ arrèl sur toutes les terres dé] endanl juridiquemenl

tle l;i Franche Comté. Sur quoi :

(31 octobre 1767)

Le Conseil à S. A S

Délibération du 6onseil de Régence relative à la Saisie-Arrèl que

Voltaire ;i f;iil prendre au parlement de Besançon. On j parle de

deux lettres de Voltaire à Jeanmairc, où il annonce celte résolution,

et su douleur d'en être réduit là ». iRechercher ces lettres . (|ii ëcril à

Pioche, présid du parlement, de lâcher de retarder les effets île cette

saisie-arrêt.

i Archive* Saliouales).

1 10 Novembre 1767).

Voltaire au Couseil de Montbéliard.

Château de Fernej par Genève.

.Messieurs.

Je «lois- vous informer que M. Jeanniaire m'étanl redevable d'une somme 1res considérable el me IrouVanl dans la plus triste situation, je pris le parti d'écrire au mois de septembre à Mg1 le Duc de Virtemberg , el de le supplier de vouloir bien me [aire tenir trois cenl louïs d'or en attendant mon paiement. S. A. S. en donna l'ordre : mais il se passa six semaines avanl qu'il fût exécuté : el M1 Jeanmaire ue m'envoya que quatre mille cinq cenl livres en lettres de change, paiables au l novembre.

Dans cel intervalle j'appris la saisie faitte par des marchands de Lyon sur les terres de Richwir. On m'avertil que d'autres créanciers voulaient se faire paier à mon préjudice sur les terres de Franche-Comté. J'ai été obligé «le faire constater l'antériorité démon hypothèque en fai sanl controller el insinuer un contracl de deux eenl mille livres, ri en envoianl un avocat à Bezançon.

si j'avais l'ail controller el insinuer les autres contracts, ces dépenses qui sonl a votre charge, auraienl monté à plus de quatre mille livres; et, s'il y avail procès entre les autres créanciers el moi. vous n'en seriez pas quittes pour six mille. J'ai ménagé vos intérêts comme les miens mêmes. El si vous voulez, .Messieurs, me donner, des délégations acceptées par des fermiers solvables, avec quelque argenl comptant je me fais fort d'arrêter les poursuites des marchands de Lyon. Il n'j a rien quejenefasse pour témoigner mon respect el mon attachement à S. A. S.

Je \ ous supplie, Messieurs, de vouloir bien prendre des mesures sûres et promptes qui assurent votre repos el le mien. On me devra au premier Janvier soixante el douze mille cinq cenl Livres, sauf erreur, en cas que je reçoive le paiement des lettres de change de M. Jeanmaire de 1500 livres; el on me devra 77500 livres, si je ne reçois pas le montant des lettres de change sur Lyon. Il vous est très aise de me faire tenir une délégation de celle somme, el du courant, acceptée par vos fermiers ou régisseurs; alors les Irais ne tomberont plus sur vous quand il y aura de la faute de vos fermiers. Vous serez débarassés de toute discussion avec moi; el S. A S. ne sera plus importunée de ces minuties qui sonl au dessous de sa Grandeur.

J'attends voire réponse, et j'ai l'honneur d'être, avec ions les sentiments que je vous dois.

votre liés humble el très obéissant serviteur.

Signet]. I Collection Rosstl .

[21 novembre 1767.

Le Conseil à Voltaire.

Le Conseil répond à sa lettre du IU novembre el lui demande du temps. ■ sur que M. Jeanmaire tera tout le possible pour lecontenter et commencera par lui payer 1,000 L. à bref délai.

[Archives Nationales \.

(28 novembre 1 7 ( > 7 ; Voltaire au Conseil de Montbcliarrt

An château de Fernej par Genève, 28 novembre I7(')7. Messieurs,

.h' reçois lu lettre clonl vous m'honorez, <lu 21 novembre (courant). Vous me dites que M. Jeanmaire me destine dix mille francs : ce n'esl pas assez que celle somme me soil destinée, elle aurai! cl il m'èlre païée. Il doil ajoutera ces dix mille livres, deux mille >i pi cenl livres que Mgr le Duc île Virtemberg avail ordonné qu'on me païal.

Plus neuf cenl livres que j'ai déboursées pour assurer mes droits contre mes créanciers.

Plus deux mille livres que j'avais demandé pour acquitter des dettes pressantes. Le loul se monte à quinze mille six cenl livres, pour article préliminaire.

Je demande quinze autres mille livres à la lin du mois île janvier prochain.

J'insiste pour tout le reste sur des délégations irrévocables, tant pour moi que pour mes neveux el nièces, lesquels mil des rentes viagères après moi sur les terres de Montbelliard, en vertu îles conlracts passes a Colmar entre Mgr le Une de Virtemberg el moi.

J'ai écrit en conformité à mon avocat a Bezançon, qui a iln faire ces propositions aux vôtres.

J'écris aussi à S. A. S. Je vous prie d'observer, Messieurs, que les marchands île Lyon ne doivent point passer avant moi ; que M' Tnrckeiin n'a en aucun droit <le s'emparer de la terre d'Hosteim qui m'esl hipotéquée des l'année I7.i:i. Que M. Dietrich a encore moins île droit de m'èlre préféré pour les cenl cinquante mille livres qu'il a prêtées depuis la date de mes hipotéques ; el que je suis incontestablement le premier créancier.

Vous savez combien les renies viagères son) privilégiées. I n homme de soixante el quinze ans esl excusable d'exi-

ger la pension alimentaire qu'il s'esl conservée. Je ne puis attendre votre réponse que quinze jours. La situation cruelle où je suis ne me permet pas un plus long délai.

J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois,

Messieurs.

Voire très humble et très

obéissant serviteur,

[Signée [Collection Rossel).

(4 décembre 1707 1.

Le Conseil à Voltaire.

Réponse à sa lettre du 2s novembre.

On a de l'argent pour Voltaire à Colinar. En outre, on lui promet les délégations suivantes :

1" Sur la (laisse de la recette du comté d'Borbourg et de la seigneurie de Riquewihr, pour 32.000 L. payables de 3 en :i mois, en quatre termes égaux.

2" Sur les fermiers de la Seigneurie de Granges en Franche-Comté, pour 20.000 L.

3" Sur le fermier de. terres de Clerval el Passavant pour 4,000 L.

Ces trois délégations formeront la son ■ de .... 02.000 L.

h II nous semble qu'un pareil arrangement doit satisfaire ». etc.

(4 Xi'i-f 1767) Traité approuvé par Voltaire.

Proposé par Pioche, de Besançon, el le conseiller Petit Cuenot. Voltaire le retourne à Besancon, pour être adressé à la Régence de Montbéliard.

1° M. de Voltaire se contentera pour le présent, îles douze mille livres précédemment demandées en argent comptant, lesquelles il recevra sans frais selon les anciennes conventions; -- Et, à charge qu'on ajoutera a ces 12.000 L . les deux mille sept cent Livres que le S' Jean Maire avoil ordre de lui païer, en sus des 'iô 0 L. qu'il a ae-

quittées. i'l i ( 11 h cette siiiiiinr de '27000 I. du ajoutera Encore, environ non f cenl livres, de (rais déboursés par M. de Voltaire, tanl en Alsace qu'en Franche-Comté pour si mettre en règle contre ses 12000 L.

co créanciers qui onl saisi, ainsi queconlrc 1rs fermiers. -700

ainsi pour premier article, M' de Voltaire demande sans 000

délai et sans frais, un paiement effectif de la somme de quinze mille six cenl Livres 15600

2° M de Voltaire demande quinze mille Livres dans le mois de Jan vier.

:t II demande pour le reste dp l'échu, ainsi que pour le courant, des délégations en bonne forme el irrévocables, acceptées par des fermiers soi vailles : lant puni- lin que pour Mad. Denis sa nièce, veuve du S' Denis, capitaine au régiment de Champagne, commissaire ordonnateur, etc. — Mad la marquise de t'iorian, aussi sa nièce; - M l'abbé Mignot. conseiller au grand Conseil, son neveu — el Mr d'Hornoy, conseiller au Parlement, aussi son neveu; lesquels onl tous des rentes viagères après M de Voltaire, sur les terres de Montbéliard, par les contrats passés à Colmar, entre Mg' le Duc de Virtembergetlui.

(Archires Nationales I.

ill \i"" 1767) Le Conseil a Voltaire.

Lettre lin forma n f qu il accepte le traité tel qu'il a été présenté.

(Archives Nationales .

(6 janvier lTfiN) Voltaire au Conseil de Moiilbéltard.

(')'"' janvier ITtis. n Ferney.

Messieurs, J'ai reçu île Strasbourg quatre lettresde change, valant ensemble douze mille livres, donl deux lettres sont sur .Mes1- Carmagnac el Perrin a Lyon pour le paiement des rois. Deux autres sonl sur M1 Reyderer, banquier a Paris. rue St-Sauveur, païables à trois usances. Je ne crois pas que ces lettres de change puissenl être négociées au pair, a moins qu'il ne se trouve quelque négociant qui soil pressé de faire un paiement.

- Mi —

Je vous prie de me dire ce que je dois [aire de ces quatre billets, el combien il me reste en compte courant sur vos livres, afin que je proportionne mes dépenses à l'argenl qui me reste.

\ i h j ^ n'ignorez pas qu'on crainl beaucoup ;i Paris pour la vie de la Reine. Cette perte sérail un double malheur pour Lyon; el c'est pourquoi vous ne manquerez poinl s;ins doute de prendre vos mesures.

J'ai l'honneur d'être,

Messieurs, Votre très humble el 1res obéissanl sen iteur,

Si Mrs [Collection Rossel .

11 janvier 1~<'S Voltaire an Due Charles Kaa:ène

A Ferney, -- janvier 1 768.

Monseigneur, Je suis obligé d'informer Votre Altesse sérénissime que le Genevois qui avait offerl de vous prêter soixante mille livres ri qui même aurai! été jusqu'à six vingl mille, voyant que je n'avais aucune réponse de vous, est venu ce matin retirer sa parole el m'avertir qu'il a disposé de ses fonds d'une manière avantageuse, attendu que les dissensions de Genève sonl prêtes de finir par un accommodement'. Je perds la seule ressource que j'avais dan- cel homme. Il m'aurait aidé dans mes besoins pressants, si j'avais pu lui montrer une délégation sur vos fermiers. Je suppose que la rigueur de la -ai si m n'a pas permise votre chambre de Montbéliard de me rendre cette justice qu'elle m'avait promise; mais j'espère toujours en votre bonté el en votre équité. Je suis sûr que vous ne laisserez pas Languir dans l'indigence un vieillard de soixante el quatorze ans, acca-

blé de maladie, qui a rais entre vos mains toute su fortune el (|ui n'a que peu de iimi.s à jouir d'une pension alimentaire. Je compte, Monseigneur, sur la générosité de votre Mine el je mourrai avec 1rs sentiments de rattachement el ilu profond respecl avec lesquels j'ai l'honneur d'être,

Monseigneur, de Votre Altesse sérénissime, le très humbleel très obéissanl serviteur,

i irchire* Slultgarl).

(Charles-Eugène répondit par des promesses nouvelles!

(29 janvier 1768)

Celte lettre est une copie f;iile par M. De Goll, el non l'original, qui n'est pas encore retrouvé.

Voltaire à M. Etliis de Morean.

29 janvier 1768.

Monsieur, La Chambre des finances de Montbelliard doil m'envoyer des papiers qui me sont de la plus grande importance. J'ai pris le parti de prier M' le Présid1 de celte Chambre de m'envoyer ces papiers sons votre enveloppe, me Hatlanl que vous me pardonneriez celle liberté. Il y a depuis quelque tems beaucoup d'irrégularité dans les postes de la Franche-Comté et de Genève. J'ai pense que je recevrais le paquet sureraenl si vous pouviez avoir la bonté île me l'envoyer contre signé, tel que la chambre de Montbéliard vous les adresse. Ces Messieurs me l'onl promis.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Signé : Voltaire.

( I rchires Vn/ioim/es. i

(2 Février 1768).

Voltaire au Conseil de îlontbéliard.

cl" Février 1768, à Ferneyj.

Messieurs,

Vous devez être aussi embarassés que moi de ne m'a voir poinl envoyé les délégations que \<>us m'aviez promises, el je ne doute pas que vous ne soyez sensibles à l'étal où vous me réduisez.

Non seulemenl j'ai arrêté touteslesprocéduresjuridiques qui avaienl coûté des frais immenses; mais j'ai chercbé à rendre service à S. A. S. j'ai consenti a être sa caution pure el simple pour la somme de soixante el dix mille livres que l'on consenl a lui prêter a cinq pour cent, ce qui esl une chose unique à Genève ; mais voussentez bien que je ne puis être sa caution sans montrer des délégations qui répondent du paiement.

J'ai envoie des modèles de délégations que mes avocats uni rédigés.

J'ai envoie mon compte à Mr Jeanmaire, et en voici une copie, il n'y a rien a retrancher à ce compte; il est nel el clair, j'attends donc. Messieurs, pour la dernière fois, la justice que vous me devez.

.l'ai l'honneur d'être, avec ions les sentiments que je

vous dois.

Messieurs,

Votre 1res humble el très obéissant serviteur.

[Signée), [Collection Rossel).

1 10 Février 1768).

Le Conseil à Voltaire.

A M. de Voltaire àFefney du 10 Février 1768,

Nous ne sommes aucunemenl embarassés au sujet (1rs délégations

que vous demandés. Cette affaire sérail déjà en règle si les mauvais

temps el l'absence il un fermier n'y avoienl mis obstacle. Mais come vous nous parlés. Monsieur dans la lettre que vous avez pris la peine do nous écrire le 1 de ce mois, d'un modèle do délégations que vous

dites avoir envoyées, vous is feres plaisir de nous on faire parvenir

une copie.

Mr Jeanmaire vienl de nous assurer M qu'il avoit fail parvenir à

S. A. S. voire mémoire louchant les 7,1 m I, qu'un Genevois orïre de

prêter au ~> p. cent. Nous al tendons les ordres de ce prince à cet égard.

Ayant l'honneur d'être a\ ec les sentimens que nous vous devons M .

Signé de Goll.

F. A. C" de Sponeck.

(Archives Nationales i.

17 février l'iis De Voltaire au Conseil de Mentbéliard

Messieurs.,

J'ai reçu la lettre que vous avez bien voulu m'écrire ni date du 10e février. La vie est trop courte, cl les affaires trop longues, .lai l'honneur de vous envoïer un mémoire net i't facile qui peul tout terminer en un moment. Si l'absence du fermier dont vous me parlez dure encor, vous n'avez qu'à lui envoïer a signer If modèle de la soumission qu'il doit faire : il vous enverra cette soumission pure cl simple, cl vous aurez la houle de ma la faire tenir en droiture, ees papiers ne lésant pas un paquet considérable.

Il ne tient qu'à vous. Messieurs, d'arranger sut- voire mémoire ce que chaque fermier doit me paier dans le courant de cette année, ta ni pour la somme de 51,242 L. à moi dut' aujourd'hui . que pour les quartiers suivants, dont le premier échêra le dernier de .Mars prochain. Cet arrangement n'exige aucun irais que ceux d'un poil de

Ici Ire.

A l'égard du service que j'ai le bonheur de rendre a Mgr le hue de Yirlem bery : voicy en quoi il consiste, s'il peul réussir :

Un Genevois qui se relire du commerce consent prêter a s. A. S. soixante ci dix mille livres a cinq pour cent, pour deux années, l'intérêt de ces. deux années prélevé

sur l<' capital prêté. Il ne demande que deux billets de 35.000 L. de la main de S. A. S., paiables an porteur ; l'un an Ier Mars 1769; l'autre au I" .Mars 1770. Supposé que cel argent soi I reçu au Ier Mars 1768, il veut que je me rende caution saisissable ; cl il ne vcnl d'autre caution en effets, que des délégations acceptées par vos fermiers ci régisseurs.

Oc î irst donc que sur ces délégations cl soumissions des fermiers que cel argenl sera prèle. Toul ce que je crains c'est que les longueurs que l'on mel dans toute celle affaire ne rebutent le Genevois. Vous jugez bien, Messieurs, de quelle importance il esl que vous finissiez. Jamais Mgr le Duc de Virtemberg ne retrouvera un pareil emprunl a Genève. M' Jeanmaire doit être instruit que, si on s'adressail aux banquiers île celle ville, il en coûterait douze à quatorze pour cenl par an.

Si Mg1 le Une de Virtemberg daigne entrer dans ces petits détails, je vous supplie de lui envoïcr copie de nia lettre.

J'ai l'honneur d'être, avec ions les sentiments que je

vous dois,

Messieurs,

Votre 1res humble ci 1res obeissanl serviteur, Voltaire.

\. 15. Il faudra que S. A. S. ail la boute de faire les deux billets en ces termes :

«i .le paierai an mois de Mars l7G9à l'ordre de .M1 Jaqueii lot, trente-cinq mille livres de France, valeur reçue ii comptant. »

Pins un autre billet, conçu de même pour le mois de mars 177(1.

(Vous pourrez, .Messieurs, me confier ces deux billets. Je les renverrai, si par hasard l'affaire manquait.)

Ferney, 18 février 1768.

(Signée). (Collection Rossel}.

(24 février 1768) Le Conseil au Dur.

Il lui envoie le double d'une lettre de Voltaire offrant de faire prêter 70.000 L. par un Genevois, et une minute de 2 billets à ordre de 35.000 !.. C'est la lettre précédente de Voltaire, dont mous avons l'original. Les modèles de billets à ordre sonl inscrits à la fi n de notre lettre de Voltaire, en " N. II. ». Il faudra que S. A. S. ail la bonté de faire les deux billets en ces termes .. etc

Le Genevois en question était le Sr Jaquelot. Voir plus loin que ces billets furent impayés, retirés contre un autre emprunt '.

i irchii es Nationales).

(18 Février 1768) Voltaire à .leaumaire.

Ferney, 18 Février 1768.

A Monsieur Jeanmaire, Conseiller do S. A. s. le duc de Wurtemberg, rie. ;i Montbéliard.

J'espère, Monsieur, recevoir demain à Genève les dix mille francs que vous m'envoyez ; j'ai eu conséquence dépêché mon compte n Messrs de In chambre des finances . vous verrez qu'il m'esl dû actuellement cinquante el un millf et tanl de livres.

J'ai proposé à Messrs de la chambre des finances qu'ils voulussenl bien me faire tenir les soumissions pures et simples des fermiers el régisseurs, suivant les arrangements qu'on a du prendre, en attendant qu'on pûl me donner des délégations en forme légale. Ces soumissions préliminaires peuvent suffire, quand on agil «le pari el d'autre de lionne loi.

Moïennanl ces soumissions qui serviront de caution, je pourrai faire prêter dans Genève de l'argentàMg' le due de Virtemberg ; mais certainement aucun Genevois n'en prêtera s'il ne voit des sûretés.

Je suis très Halle de pouvoir rendre service à S. A. s. mais le préalable que je demande esl absolumenl nécessaire.

Ces soumissions ne seronl autre chose quedes promesses écrites de la main des fermiers et régisseurs, de me païer, de préférence à tout; les sommes qui me sont dues, sur le prix des bans el des régies. Cela seul tranchera toutes les difficultés, el Mgr le due de Virtemberg poura recevoir des les premiers jours de mars l'argent qu'on lui prêtera à Genève ; mais je ne réponds de rien si on attend plus longtemps ; parce que l'homme qui veul bien prêter peutdisposer de ses fonds d'un jour à l'autre. Toute celle affaire se consommerai! en un quarl d'heure entre des particuliers.

J'ai envoie à Mess1- de la chambre le modèle tiu billet (|ue s. A. S. iluii faire : c'esl un billet a ordre tout simple ; on peu! me le confier par la poste, et je le renverrai si l'affaire n'a pas lieu.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble el 1res

obéissant serviteur.

Je prie Mous' de Surleau de vouloir bien agréer mes liés humble compliments.

[Signée) [Collection Itobsel).

|26 février 1768) Voltaire au Oonsell de Montbéllard.

A Ferney, 2(1' lévrier 1768.

Messieurs,

Comme le paquel concernant les délégations et soumissions des fermiers esl essentiel, el que les postes vers Genève sont très dérangées, je vous suplie de vouloir bien me faire tenir ce paquet sous l'enveloppe de M' de Reimond. directeur général des postes à Bezançon.

Si Monseigneur le Duc veut consommer l'affaire avec le

Genevois, ce sera pour le six mars au plus tard. .Mais il assure qu'il ue peul différer plus longtemps à prendre un parti. Il exige expressément que j'aie l'honneur de vous en donner avis.

J'ai celui de vous réitérer les sentiments respectueux De voire tirs humble H très obéissant serviteur,

{Signée). (Collection Rossel).

Réponse à celte lettre. Brouillon écrit à la 2e feuille par M. Jeanmaire) :

Du 2 Mars 1768.

Nous avons écrit à S. A. S. à la réception de votre dernière lettre.

touchant le prêt, qu'un Genevois ode de lui faire, en lui envoianl en

même teins les projets de Billets 0 que vous demande/.. Dès que nous

aurons reçu les dits Billets, nous vous les ferons parvenir sans délai.

© Le Prince ayant déjà consenti a cet Emprunt,

— Nous sommes, avec une considération très distinguée,

Signé : S. A. Comte de Sponeck.

Jean.maiue.

(29 février 1768

Rescrit en allemand de Cliarles-Enjîènc

Pour une somme de 70, m L.), annonçant 2 billets à l'ordre du Sr Jaquelot. Voici le premier.

Je paierai au mois de mars 1769, à Tordre de M. Jacquelot, trente- » cinq mille livres de France, valeur reçue comptant.

" A Louisbourg, ce 29 février 17(iis. Charles.

[Archives Nationales.

L autre billet est identique pour 1770. Ces billets furent envoyés, par le Conseil, en lettre du 9 mars 1768, à Voltaire, qui pressait le Conseil par la lettre suivante :

i i rchicea \ulionules l

(Ie' mars 1768) De Voltaire au Conseil de Montbéllard.

Ferney, I" mars 1768.

Messieurs, Le S! Jaquelol vienl de me signer une promesse d'attendre jusqu'au 20 Mars les billets de s. A. S., j'ai eu beaucoup de peine à l'j déterminer. Il n'j a rien que je ne lasse pour témoigner à Mgr le Duc de Virtemberg mon extrême envie de lui plaire, .le me trouve dans un étal forcé . ei dans un abîme donl je ne pourrais sortir sans les arrangements que vous avez bien voulu prendre. J'attends les délégations el les billets, moïennanl quoi, vous vous trouverez déchargés, el moi aussi, du fardeau le plus embarassant. Si j'étais seul . soie/ bien persuadés, Mes sieurs, que i»' ne vous importunerais pas; mais j'ai une famille nombreuse qui n'a pour vivre que les renies en question.

J'ai l'honneur d'être avec ions les sentiments que je \ous dois. Messieurs,

Votre 1res humble el 1res obéissant serviteur,

VOLTAIKE.

(Signée). (Collection Rossel).

(8 mars 1768) De Voltaire au Conseil de Moutbéliard.

8' Mars 1768, à Ferney.

Messieurs,

.le reçois la lettre donl vous m'honorez du ."> mars, .le vous ai mande par ma dernière que le S' Jaquelot avait consenti d'attendre jusque vers la lin de ce mois, les billets

à ordre de S. A. S.; et j'ai compté recevoir préalablement les délégations donl vous me flattez depuis longtemps.

J'apprends dans ce momenl que c'esl à M. Kllii>. premier secrétaire de l'intendance, el non pas à M. Reimond, directeur des postes, qu'il faul que vous aïez la bonté d'adresser pour moi les soumissions de vos fermiers. Ces soumissions peuvent être pures et simples; chaque fermier ou chaque régisseur peut écrire sur un simple billet : a je paierai tant... à telle échéance à .)/. de \ oltaire on ordre, « sur le prit de màn bail de telle... terre, mi sur In recette de « telle terne, sans frais ni diminution quelconque pendant « la durée de mon bail ou de ma régie, le tout a l'acquit « de S. A. S. Mgr..., scion ses ordres a moi intimés; me « chargeant à mon propre et prive nom de païer la sus- » dite somme de préférance à tout ; à peine de tous défi pends, dommagesel intérêts. Fait a, rie... »

Cela fail une lois, VOUS aurez tout le temps, Messieurs, de passer des actes en forme entre vous , vos parents et moi. Mais je dois vous réitérer que dans l'étal OÙ je suis, il m'est impossible d'attendre plus longtemps que le mois de mars, ayant envoie ma famille à Paris, ou je suis obligé de l'entretenir à grands frais, et aïanl a Genève <\>'> dettes considérables donl les intérêts courent, el se grossissent tous les jours.

J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je

vous dois.

Messieurs,

Votre 1res humble el très obéissant

serviteur.

(Signée . (Collection Rossel).

Il réclame aussi des soumissions sur les fer - de Franche- Comté, et eu donne le modèle .

(la mars 1768)

Le Conseil à Rosé. n Colmar.

En suite de la lettre de M. de Voltaire, S. A. S. ayant ordonné que la rente viagère qui lui est due lui serait payée exactement, .. etc. On charge Rosé de s'en occuper à l'avenir, tous les trois mois.

Signé : De Goll, De Sponeck.

[Archives Nationales).

(16 mars 1768) Voltaire au Conseil.

Messieurs,

J'ai reçu les deux billets de son Altesse Serenissime, j'en ai sur le champ donné avis à M' Jaquelot qui part dans quelques jours pour If Languedoc, li me mande qu'il aportera l'argent chez moi avanl de partir en déduisant les deux années a cinq pour cent. Je supose qu'il entend l'interel de soixante et dix mille Livres pour la première année ei île trente cinq mille pour la seconde. Il fera le compte lui-même.

Pour vous. Messieurs, je me Halle que vous aurez la houle de vouloir bien m'envoier un double du compte que j'ai eu l'honneur de vous remettre, qui se montait à 51392 I,. et qui a la lin <\u mois de mars où nous sommes se moulera a la SOÙie de soixante et six mille neuf eenl vingt trois li\ res.

Il vous sera aisé, Messieurs, de repartir cette some sur plusieurs fermiers ou régisseurs qui donneront chacun leur soumission pure et simple, de me paier au temps désigné chacun la portion qui lui sera assignée, ils y joindront aussi la promesse de me paier île préférence à ton l les quartiers de mes rentes, chacun dans le temps designé par vous, moiennant cet accord tout sera parl'ailteinenl en règle; nous serons débarassés vous et moi d'une dis-

cussion qu'il doit vous fatiguer beaucoup, ef qui désole ma vieillesse.

J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois,

Messieurs.

Vôtre très humble el très obéissant serviteur, Voltaire.

A Ferney, Kl" Mars 1768.

(Signée) (Archives Nationales).

(29 mars 1768) De Voltaire au Conseil de Monlbéliard.

29e mars 1768, à Ferney.

Messieurs,

Le S1 Meivel (l), directeur des forges de Montbeillard. m'a bien mandé en elïel que vous lui aviez ordonné de me païer trente quatre mille livres par année à partir du I" avril ; mais il ne m'a poinl envoyé de soumission en forme, portant qu'il s'engage à nie païer a moi ou a mon ordre. huit mille cinq cenl el tanl de livres sans frais.

Je n'ai reçu aucune nouvelle concernant l'autre partie, qui consiste en vingt huit mille livres.

Je n'ai poinl reçu mon compteen forme. Le procureur de M1 Jaquelol ne veul pas avancer un sou s;ms ces préliminaires. Je suis tout aussi mal que j'étais; je me vois dans la nécessité de vous faire mes dernières représentations. Ma famille ne peul pas souffrir qu'on ail aussi peu d'égards pour mon âge et pour mes procédés. Je suis, avec tous les sentiments que je vous dois,

Votre très humble el 1res obéissant serviteur,

(Signée). (Collection Rosse/).

1 1 > Il veul dire M ri un-. (Voir h la lin il h volume).

(29 mars 1768) De Voltaire au Duc Charles -Eugène.

Au château de Ferney, 2'.) mars 1768.

Monseigneur,

Je suis obligé d'informer Votre Altesse Sérénissime qu'aucun de vos ordres n'a été exécuté à Montbelliard. Il n'y a qu'un maitredes forges qui m'ait mandé qu'il était chargé de me païer une somme cette année ; mais on ne m'a envoie aucune délégation en forme.

On me doil acluellemenl environ soixante el sept mille livres. — Le procureur du S1 Jaquelol ne veut pas prêter un denier sans voir de délégations. Les deux billets que Voire Altesse Sérénissime m'a fait l'honneur de me eonlier, deviendronl absolumenl inutiles, si le Sr Jeanmaire qui a contracté avec moi en votre nom, ne se met pas en règle. Il e>l bien cruel qu'à mon âge de soixante el quatorze ans passes, je sois obligé de me plaindre de lui, soi l devant Votre Altesse Sérénissime, soit devant la justice de France.

Je vous demande en grâce, Monseigneur, de prévenir ce malheur par des ordres si précis, qu'ils ne puissent être éludes ; il y a six mois entiers qu'on me donne des paroles dont aucune n'a ete exécutée.

Je suis sans aucune ressource; on me prive, moi et ma famille, du pain dont nous vivions.

.le suis avec un profond respect, — Monseigneur, —

de Votre Altesse Sérénissime,

le très humhle et 1res obéissant

serviteur,

(Autographe signée). [Collection Rossel),

— ttl —

(1" avril 1768 De Voltaire au Conseil de MontbéUard.

A Fernej . I ' avril 1768.

Messieurs,

Je reçois aujourd'hui les deux soumissions. des S- Rosé et Mevier, ou Menier l ' i, de me païerdorénavanl mes rentes eu vertu de vos ordres, el je suis satisfait de ce côté, en attendant que cette délégation soit autentique selon les loix du pais, me connanl d'ailleurs entièrement en vos promesses.

Il reste à faire usage des deux billets de S. A. S. polir oie païer de ce qui m'est dû jusqu'au l! d'avril où nous sommes. — Ces deux billets sont de 35000 L. chacun, païables, l'un en 1760, el l'autre en I77<>.

Le S' Jaquelol prête cel argent à a pour cent, el retient l'intérêt qui se monte :

Pour la première année a 3500 liv.

Kl pour la seconde à 1 750

Ensemble 5250 liv.

Keste iai la somme de 64750 liv. que Mgr doil toucher.

Il nu' doil an dernier mars la somme de . 66924 liv.

Il m'en paie par les deux billets .... 64750 liv.

En me cédanl les deux billets, reste a nie païer présentement la somme de 217't liv.

Il faut donc que vous aïez la bonté d'ordonner que cet argent me soil délivré; moïennanl quoi je vous donnerai quittance générale jusqu'au I r avril; et tout sera parfaitement en règle. - J'ai d'autant plus besoin de cel argent, que ce sera le seul que j'aurai d'icy an moi- de juillet. supposé encor que vos fermiers paient exactement.

Permettez-moi, Messieurs, d'avoir l'honneur de vous représenter que rien n'était plus facile que de faire ce compte el tien signer un double, sans quoi rien ne sérail valable-

il i \ oltaire veut dire . Meiner.

menl consommé, puisqu'il faut que toul le passé soil acquitté pour que j'accepte légalemenl vos arrangements pour l'avenir. Si je manquais à ce devoir j'en serais responsable envers ma famille.

Daignez donc consommer l'affaire en ordonnant qu'on m'envoie î\l'i liv. qui me sonl dues; et je vous enverrai quittance générale jusqu'au I" avril de celle année.

Je joindrai les sentiments de la reconnaissance à ceux avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Messieurs,

Votre très humble et 1res obéissant serviteur.

(Signée), (Collection Rossel).

il" avril 1768] De Voltaire su Duc Charles-Kiigène.

A Ferney, I" avril 1768.

Monseigneur,

La chambre de Montbelliard vient de m'envoïer deux délégations pour l'avenir, à commencer le 1" juillet prochain; et, quoique ces délégations ne soient pas revêtues des formes ordinaires , le respect pour votre nom, el la confiance en votre générosité y suppléeront; — mais quoique j'aie envoyé vingt mémoires à la chambre; quoi qu'il suffise d'un quart d'heure pour mettre en règle le passé, — quoi que j'aie envoie mon compte conforme à celui du Sr Jeanmaire votre conseiller, et du Sr Surleau, avocat, je n'ai encore pu obtenir un mol de réponse sur cet article essentiel, sans lequel rien ne peul cire consommé.

Messieurs de la chambre des finances n'ont rien écrit, rien statué sur les soixante et dix mille livres qu'on veul prêter à Votre Altesse Sérénissime à Genève el donl vous avez Fait deux billeis dont je suis dépositaire. — M1 Jeanmaire m'a mande a la vérité que votre intention était, que cel argent servit a me païer les arrérages du passé, qui se

montent ;'i 66924 liv.. -- j'ai envoie le compte tout dressé à Messieurs de la Chambre des finances, il y ;i plus d'un Midis. J'ai envoie plusieurs mémoires consécutifs ; Ions est en règle de ma part, el dans la meilleure forme; ilnes'ai;ii que de finir.

Je supplie Votre Altesse Sérénissime de daigner ordonner que cette affaire soil enfin entièrement terminée; c'est ce que j'attends de sa générosité el de sa bonté. C'est ce que mon âge, mes maladies et les intérêts de nia famille, me force à vous demander avec instance.

Jp suis avec un profond respecl . Monseigneur, de Voire Altesse Sérénissime,

le très humble et 1res obéissant serviteur.

{Signée). {Collection Rossel).

(8 avril 1768) Xote de Voltaire.

Note des frais nécessaires emploies pour assurer à M. de Voltaire ses droits contre ses eo créanciers, postérieurs a lui, qui avaienl indiieinenl saisi les fruits de la terre de Richwir à sou préjudice, et pour mettre en sûreté toutes ses hipotèques sur les domaines du duché de Virtemberg el du comté de Montbelliard, en se rejetanl sur les terres de Franche-Comté, qui répondent du paiement affecté sur les terres d'Empire.

Contrôle d'un contract de cent mille livres 626 1. 12s.

Insinuation dn même contract 65

Droit sur la procuration à moi donnée ... 6

Contrôle de la dite procuration 13 s.

Pour mon voïage à Bezançon (in

Ports de lettres 7 10

An procureur Sainl *\\i Parlement de Bezançon 72

lii'ni. Je déclare avoir payé 1rs sommes ci-dessus, ei en avoir été remboursé par M. de Voltaire. Fait à Ferney, le Imii avril 1768. Christix.

Ce qui suil ajouté | ar Voltaire .

J'ignore encor ce qu'on coûté les deux arrêts du Parlemenl de Bezançon pour me permettre d'agir, — ci' qu'il en ;i coûté de Colmar contre les marchands de Lyon qui avaient s ; i i s i . -- Il faudra encore au moins cinq louis d'or pour l'honoraire de l'avocat. Ainsi les frais alloués au Parlement surpassent de beaucoup la somme de 900 I. a laquelle je nie suis restreint.

A Ferney, s avril 1768. Voltaire.

{Signée). [Collection Rossel).

'.i avril 1768

Voltaire au Conseil.

!)"" avril 1768, a Ferney.

Messieurs,

N'aianl jamais reçu la moindre réponse, ni de vous, ni de .M. Jeanmaire sur le reliquat de mon compte qui se monte au dernier mars a 1\1\ L., j'ai présume que vous pouviez l'ire en quelque doute sur les '.util L, de frais que je reclame dans ce compte, je lui envoie la noie de mon avocal i'l j'ai l'honneur de vous en faire tenir un double.

Vous verrez , Messieurs . qu'en me restraignanl a ces 900 F. il m'en coule encor beaucoup de frais, je vous demande en grâce de unir celle affaire.

J'ai l'honneur de vous réitérez que rien ne peut être terminé sans ce préalable, cl qu'il faut liquider le passe avant de donner des sûretés pour l'avenir, il est même essentiel pour vous que vous aie/ de moi une quittance générale jusqu'au I ' avril, sans quoi mes héritiers seraient fondés à poursuivre ce paiement ce qui sérail une source intarissable de procès dont les irais passeraient de beaucoup

le fond, je ne doute pas qu'enfin \<hi» terminiez celte affaire, j'en écris encor à S. A. S. afin de n'avoir poinl à me reprocher d'avoir négligé aucun devoir, J'ai l'honneur d'être avec Ions les sentiments que je

\ (MIS (lois.

Votre très humble el lies obeissanl serviteur,

[Signée). i Irchires Nationales).

(27 avril 1768) Réponse du Conseil à Voltaire.

Du 27 avril 1768 M.

Nous aurions repondu plutôt aux lettres, que vous nous avez fait l'honeur de nous écrire 1rs 9 el 12 ilu cour si nous n'avions attendu le retour de M. le Cons. Jeanmaire pour lui communiquer le Mémoire et Compte que vous nous avez adressé. Il vient de nous (aire conoitre, qu'il a chargé le S' Receveur général Surteaude vous faire passer un état

détaille des payemens qui vous uni été faits el le niant du fond qui

vous est encore du juqu'au 1 du cour1. Nous espérons qu'à ce moyen vous serez entièrement satisfait et nous redoutons pas que vous ne le soyiez ci après par les arrangemens, qui ont ele pris. Mais si contre notre attente, vous veniez à éprouver quelque retard, nous vous prions M de nous en prévenir pour qu'il y soit remédié incessament.

Nous somes avec les sentimens que nous vous devons.

Signe DE (ioLL.

F. A. Comte DE Sponeck.

i [nliiifs Nationales).

(9 avril 1768).

De Voltaire au Conseil <lc Montbéliard.

9 avril 1768, à Ferne) .

Je réponds, Messieurs, à votre lettre du '■'> avril

ai

l'honneur de vous répéter ici ce que je vous dis depuis

ai -

trois mois, el ce que mes avocats m'ont réitéré : qu'il faut liquider el apurer le pusse, en donnant dos sûretés pour l'avenir.

.le vous redis donc encore pour la vingtième fois, Messieurs, que le reliquat de mon compte se monte au dernier .Mars à la somme de 2I7'i liv. Nous aurez peut être été étonné que dans cette somme qui m'esl «lue, il se trouve pour 900 I. de Irais: mais vous verrez par le compte eyjoint, signé d'un de mes avocats el de moi, que les Irais se montent a une somme beaucoup plus forte, el que je n'ai réduil le loul à 900 liv. que par une extrême discrétion, et par le désir que j'ai toujours eu de finir lout à l'amiable.

J'envoie à .Messieurs de la Chambre des finances le double du compte de mon avocat.

Je répété encor que pour finir toute celle affaire, il esl d'une nécessité indispensable de liquider loul le passé. C'est avec vous, Messieurs, que j'ai contracté; c'est à vous que je dois demander que vous finissiez mon compte. — Ni messieurs de la Chambre des Finances, ni vous, ne m'avez jamais répondu un mol sur cet article important qui est la base de tout. Je ne pins absolument rien faire sans avoir une liquidation du passe jusqu'au dernier mars.

Pour parvenir à celle liquidation, il ne s'agit que de me donner les 217'r livres qui me sonl dues ou au moins d'vi\ assurer le paiement. Ksl-il possible que, n'aïant jamais répondu sur cet article, vous trouviez mes plaintes mal fondées ?

Vous sentez bien que c'est à moi seul de me plaindre. J'espère que vous voudrez bien terminer à la fin une chose si juste, et que je pourrai ajouter les sentiments de la reconnaissance à ceux avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monsieur,

Notre très humble et très obéissant

serviteur,

(Signée). {Collection Rossel),

— (in —

(9 avril 1768)

Voltaire au Duc Charles-Eugène.

'.i avril I76S, ;i Ferney.

Monseigneur,

Au milieu des consolations que l'équité el les bontés de Votre Altesse Sérénissime me fonl éprouver; il me reste toujours l'amertume de voir que ni la chambre de Montbelliard, ni le SrJeanmaire n'aienl poinl encore mis l'affaire en règle; il ne s'agil que de la soin me la plus modique pour terminer le passé; elle n'esl que d'environ deux mille livres. Je ne vous demande même actuellemenl qu'un mol d'écrit, qu'une reconnaissance. Je suis prêt de donner une quittance générale pour le passé, et je ne demande autre chose, sinon qu'on liquide mon compte; il faul que les ;ilï;iir<'> soient nettes, el qu'il n'y demeure aucun sujel de contention.

Je vous supplie, Monseigneur, de donner un ordre positif pour que le passé soil liquidé. Il est bien étrangequ'il ne le soil pas. C'esl l'intérèl de Votre Altesse Sérénissime comme le mien. Jamais ni la chambre ilrs Finances, ni M1' Jeanmaire ne muni répondu un mol sur cel article important.

Je suppose que vous êtes si bien servi dans les grandes affaires, que l'on néglige les petites; m;iis quand on a l'honneur de vous servir, on ne iloil rien négliger. Daignez encor une fois ordonner qu'on liquide le passé, afin qu'il m- reste jamais la moindre difficulté. — Je suis toujours honteux de vous importuner de ces bagatelles ; mais ;i mon âge je ne dois rien laissera discuter à ma famille. El d'ailleurs c'esl une nouvelle occasion pour moi de vous renouveller ma reconnaissance el le profond respecl avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, de Votre Altesse Sérénissime,

le très humble el très obéissant, serviteur, Voltaire.

[Signet . 1 1 'olleclion Rossel).

lit)

(12 avril 1768) Voltaire a Jeanmaire A Mr Jeanmaire, conseiller de S. A. S., etc.

Ferney, 12 avril ITiis.

Mémoire.

Par le compte de Messrfi Jeanmaire et Surleau, receveurs généraux iln comté de Montbelliard , du 18 71"1' I7(i7, il m'est du 61041 liv., plus 150 liv. pour apoint, selon leur lettre de Montbelliard du 30 7bre Cy . . . . 61190 liv.

Par les différents paiements faits depuis en divers temps , il m'étaitduau dernier mais, 66924 liv. y compris 900 I. d frais, somme à laquelle je me suis réduit, aïant été force de dépenser plus de 1500 1. pour mettre en surêté mes droits contre mes co-créanciers.

Messieurs de la chambre des finances de Montbelliard auront la bonté d'observer que je n'ai l'ail ces frais qu'à la dernière extrémité, el sur les lettres de M' Jeanmaire i'\ devaiii receveur <le Montbelliard. — Voicy ses propres paroles du 28 octobre I7<>7. Que risquez-vous tic rester dans l'inaction pendant trois mois ' Si pendant ee terme on ne VOUS tient point parole, tout le tort sera de notre coté, cl VOUS pourrez agir en justice.

Je n'ai jamais pourtant agi en justice contre lui, encore moins contre S. A. S. Mgr le duc de Virtemberg; je n'ai fait que constater l'antériorité de ma créance sur les cocréanciers postérieurs. J'ai lente toutes les voies possibles de procurer à S. A. S. de la facilité de païer le passé sans la gêner. Je lui ai proposé de me paier en deux années les 66924 I. qu'elle me doit pour le passe.

S. A. S. a été contente de cette proposition ; j'ai trouvé un homme qui a bien voulu s'engager à prêter 70000 I. païables en deux années sur les billets purs et simples

de Mg1 le dur de Virtemberg, à cinq pour cent seulement d'intérêt qu'il doit retenir sur la .somme qu'il prête, — Ainsi les 7(10(10 I. que S. A. S. s'engagea payer pour le passé, se réduisent à 64750 L. — Ainsi il m'est encor du 2\1\ I., en acceptant ces deux billets.

('/est pour mettre cette affaire en règle, pour n'y laisser aucune suite, aucune malien' a cou lesta lion, que je demande depuis un mois à Messieurs de la chambre de Montbelliard, et au Sr Jeanmaire, un mol d'écrit, une quittance finale et réciproque qui termine toute difficulté.

Il ne s'agit que de m'assigner le paiement de 2I7'i I., moïennanl quoi je donne quittance du tout jusqu'au I"1 du mois d'avril où nous sommes.

Jamais ni la chambre de Montbelliard , ni M. Jeanmaire ne m'ont répondu un seul mol sur eet article essentiel. — Il est bien étrange que, pouvanl exiger en argent comptant le pajemenl de 66924 liv., el me contentant à mon âge de 74 ans de 1 billets purs el simples paiables en deux années (billets dont je ne suis encore que dépositaire, et dont je ne puis faire usage qu'après que la chambre et moi nous nous serons donnes une décharge générale jusqu'au Ie" avril 1768), on ne daigne pas me répondre sur un poinl aussi important.

Allarmé d'un silence si inouï, je m'en suis plaint à S. A. S., el je l'ai suppliée de donner des ordres pour terminer celte affaire. — Elle lésa donnés depuis longtemps, et je me Halle qu'enfin ils seront exécutés par M. Jeanmaire, (ce qui suit de la main de Voltaire), à qui je ne demande qu'une quittance réciproque jusqu'au l"r avril I70S, avec une assignation de 2174 I., pour le terme le plus convenable.

(Sujnée.) (Collection Rossel).

(19 avril 1768).

Le Conseil à lYtit-Cueuot.

Montbéliard, le I9avril 1768.

M. Petit Cuenot.

M Vous vi- 1 mus île recevoir avec I ; ■ Lettre dont vous nous avez honorés le 16 de ci' mois . celle que M. de Voltaire vous avait adressée le 9' pour nous la taire parvenir. Xous vous prionsM' d'être bien persuadé,

et d'assurer M' de Voltaire que nous lui il erons lieu d'être entière

ment satisiail de nous dès que !'■ S Jeanmaire nôtre collègue particulièrement chargé il'1 ris objets de Finances, cl absent depuis qque l l'ins sera de retour icy, ce qui ne tardera plus guère. Nous avons l'honneur d'être avec une considération infinie,

M'.., Vos, etc.

Signé : hé Goll.

F A. Comte de Sponeck.

[Archives Nationales).

(3 mai ITIiiS) Voltaire à Jeanmaire.

A M. Jeanmaire, conseiller, etc.

.'! may ITfiN, Ferney.

,lc reçois. Monsieur, de MrSurleau mon compte entièrement conforme à celui que j'avais envoie depuis si longtemps. - Cette formalité étail absolumenf nécessaire, —.le ne crois pas que je vive assez pour loucher dans deux ans le monlanl des billets que m'a faits Mg1 le Duc de Virtemberg; mais je serai assez contenl si d'orénavanl les fermiers cl les régisseurs me paient avec l'exactitude que vous leur avez recommandée. — ,le donne trente mille francs par an a ma famille. Sa subsistance et la mienne sonl uniquement fondées sur S. A. S.

.lai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je vous dois. Monsieur.

votre très humble ci 1res obéissant serviteur, Voltaire.

[Signée (Collection Rossel).

(Voltaire ayant été payé, dans la mesure du possible, sur Montbéliard, se retourne pour quelque temps du côté de Col mai, et reprend avec Rosé :)

28 juin 1768.

Voltaire a Kosé.

A Monsieur Monsieur Rozey, directeur des domaines de S. A. S. Mgr. le duc de Virtemberg à Colmar. J'ai compté sur vous, monsieur. Je vous prie de vouloir bien me mander quelles mesures vous avez prises pour me faire les paiements donl vous ries chargé : j'ose espérer que vous aurez autant d'exactitude que vous trouverez toujours en moi <lr facilités pour les arrangements que vous voudrez prendre.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et très-obéissanl ser\ iteur.

Voltaire, gentilhomme ord" de la chambre du roy.

Au chàtau de Ferney, par Versoi, près de Genève, 28 juin 1768.

Irchices Calmai .

(5 juillet L768.) Voltaire à Rosé.

A Monsieur Monsieur de Rozey, receveur îles domaines de S. A. S. Mgr. le duc de Virtemberg à Richwir par Colmar.

Vous pouvez, monsieur, m'envoyer les sepl mille francs en or pur le carosse de Bàle el de Berne à Versoy, qui passe à ma porte. C'esl la manière la plus sûre, la plus commode el la plus prompte. Les frais en sonl médiocres, el vous les portez en compte à la chambre de Montbéliard, ;nn>i que les ports de lettres,

J'ai l'honneur il èire, monsieur, votre très-humble ot

très-obéissanl serviteur.

Au château de Ferney, pais de Gex, par Versoy,

5 juillet 1768.

Archives Colmar .

(On verra plus loin que Rosé prétexta ces instructions pour né plus envoyer les rentes que ions les six mois, disant que cela le dérangerait moins!)

(7 octobre 176N.) Voltaire a Kosé.

A Monsieur Monsieur Rosé, receveur de S. A. S. Mgr. le duc de Virtemberg à Colmar.

Je me Halle, monsieur, que vous voudrez bien avoir pour moi la même attention que le dernier quartier. L'entretien de ma maison esi uniquement fonde sur les sept mille livres que vous me paie/. Ions les trois mois. Je nous prie d'avoir la houle de m'envoier îles lettres île change sur Paris, sur Lyon ou sur Genève, à votre choix, on de m'envoyer île l'or par le coche de Strasbourg à Lyon, à l'adresse de messieurs Sherer, banquier à Lyon, en m'en donnant avis. Je vous serai très-obligé.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Ferney, 7 octobre 1768.

VOLTAIUE.

Irchices Colmar .

(11 octobre 17K8)

Rosé à Voltaire.

A Colmar. le 11 octobre 1768.

Monsieur,

.le viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait la grâce de m é-

crire le 7 du courant. Les mines que j ai fouillées au mois de juillet passé

ne m'ayant plus rien produit, j'en ai sondé d'autres depuis le couranl du mois dernier pour y trouver la valeur des 7 mille livres 1 1 1 1 e je devais il que j'aurais désiré, Monsieur, pouvoir vous l'aire passer au premier de ce mois. Mes travaux n'ont pas été infructueux. J'ai tiré une bonne partie que j'aurais eu l'honneur de vous envoyer si je n'avais pas découvert des veines moyennant desquelles je compte. Monsieur. d'être en état clans le courant de ce mois de vous satisfaire en plein. Apollon et Plutus vous favorisent. Monsieur, eu abondance, ainsi les fomls pour l'entretien de votre maison ne doivent jamais vous manquer. Je vous supplie. Monsieur, de vous patienter un peu: dès aussitôt que je serai pourvu de la somme totale vous serez, le premier auquel je m'acquitterai au nom de Son Altesse sérénissime pour la somme dont est question en vous l'envoyant par le coche de Strasbourg à Lyon a l'adresse de MM Schebrer, banquiers à Lyon, ainsi que vous me l'indiquez. J'ai l'honneur...

i Archives Colmar).

Aucun financier u'a trouvé mieux pour ses actionnaires!

ilS octobre 1768.) Voltaire à Rosé.

A Ferney, près de Versoix, 18 octobre 17(18. Je fais mes complimens à .M. Hosel sur ses inities ; mais je crois que les meilleures son! les vignes de Riquevire. ,le lui réitère que je n'ai pour vivre que les rentes sur Monsieur le Duc de Virtemberg. .le le prie très-instamiiienl de m'envoyer ce qu'il pourra par le coche qui va de Strasbourg a Bàle, a Berne el à Versoix.

J'ai l'honneur délie sou très-humble el 1res obéissant servi leur. Voltaire.

Archives Colmar ,

^29 novembre 1768 1 Voltaire à Charles-Eugène.

A Ferney 29 novembre 1768.

Monseigneur, Ayant su que Votre Altesse Sérénissime se formait une

bibliothèque j'ai pris la liberté de lui envoyer une nouvelle édition du siècle de Louis XIV. à la lin de laquelle esl un précis du siècle où nous vivons. Je prie Votre Altesse sérénissime d'agréer cel hommage avec bonté. Souffrez aussi. Monseigneur, que je vous remercie encore un l'ois de l'équité généreuse avec laquelle vous ave/, éteinl pour jamais les petits différents qui s'étaienl élevés entre vos fermiers et moi. Je n'ai que des grâces à vous rendre. J'ai l'honneur d'être avec un profond respect, Monseigneur, de Votre Altesse sérénissime le très humble el très obéi ssanl serviteur, Voltaire.

{Archives Stuttgart).

(M janvier 1769. i

Voltaire a Rosé.

A Monsieur Monsieur de Rosey, receveur des domaines de

S. A. S. Mgr. le duc de Virtemberg à (loi mai'.

A Ferney, 1 1 janvier 1 769.

J'attends de vous mes élrennes, monsieur. J'avais pris l'exploitation de vos mines a la lettre, sachant que Mgr. le Due de Virtemberg avail eu autrefois des mines en Alzace, el croyant qu'il en avail encor.

Si vous voulez m'envoier un petil rouleau par le coche de Bâle, Berne à Genève, je vous serai très-obligé.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, voire très-humble el très-obéissanl serviteur.

Archives Coliuar .

(9 mai l7olh

Rcscrlt de Charlcs-Kiigènc

1) Nous Charles par la grâce de Pieu. rie. Déclarons i|u'ninnl constitué au Sr de Voltaire, gentilhomme ordinaire de In chamlue du Hoi Tr. Ghr.. une renie viagère de quatre mille deux cents risdalers, etc.,

réduite à -'000 risdalers après sa mort, hii profit de Madame Denis, — ceci par acte du 37 sept. 1752 à S t li 1 1 v: .

2) Plus, par contracl du 34 jant. 1753 autre rente viagère de ÏSÛO risd. p' Voltaire, réduite à 600 risd. p' la même Madame Denis, — le tout hypotéqué sur nos états el domaines.

3) Plus par I autre contracl passe à Colmar l'an 1764 le 10 octobre entre nous et les dits S" de Voltaire el dame Denis, pour 1 autre rente viagère de 21000 Livres de ruinée pour lui. el après son décès, de Itiimi) l. pour la dame Denis pendanl sa vie.

li Plus puni 1 autre contracl du SSortohre 1764 passé à Colmar, aianl constitué une autre rente viagère de 10000 L. de Fiance audil sieur, et après son décès de 2000 L. à la daine marquise de Florian - 2000 I.. au S de Fontaine d'Hornoy, — 2000 !.. au S abbé Mignol lesquelles rentes seront seulement éteintes au jour de leur décès....

.... lesquelles renies par nous établies pour ledit S de Voltaire se montent à 62.152 Livres de France, le risdaler aianl été évalué à :! Livres 15 sols de France.,..

... aiant reconnu qu'au dernier décembre 1761 il est du au dit S de Voltaire la somme de 73222 Livres, tant pour arrérages échus que pour (rais par lui (ails pour assurer ses hypothèques contre ses cocréanciers qui leur disputaient ses droits ...

Donnons pouvoir a notre Conseil de Montbelliard de (aire paver

en notre nom tout ce qui est dû audit S' de Voltaire, et tout ce qui sera dû jusqu'au jour de son décès, savoir :

- 73223 Livres de France, et délégations acceptées par nos fermiers et régisseur* de nos terres île Montbelliard, à lui payables dans le cours de la présente année aux termes accoutumés, en son habitation, sansaucuns frais ni retenues, francs et quittes de tout suivant nos promesses.

— F.t en outre 62125 Livres de France pendant l'année courante. lesquelles 0212.") L. font le montant de la renie annuelle que nous lui devons; les frais et retenues, s'il y en a. étanl par vous alloues à nos fermiers el régisseurs, dont nous leur tiendrons compte.

— Ft en outre, les dits fermiers et régisseurs se soumettront à paier après la mort dudit S: de Voltaire les rentes par nous slipullés à sa famille, savoir :

A la Dame Déni* 2000 risdalers par année, fesant 7500 Livres de France par noire contracl du 27 octobre 17.12.

- Plus la somme de 000 risdalers valant 22.'in liv. de France, par contrat du 31 janvier 1753.

- Plus la somme de 10000 L. de France aussi pendant la vie de la dite daine, après le décès dudil S' de Voltaire, son oncle ; le tout mon tant par année, pour ladite dame Denis, à 25.750 livres de France, ■ in elle recevra de nos fermier sans frais ni retenue.

- Comme ausi après la morl dudit S: de Voltaire, lesdits fermiers et régisseurs paieront, sans difficultés, 2000 L. de rente viagère à la marquise de Florian.

- 2000 L. au S' abbé Mignot, conseiller au grand Conseil.

- 2000 L. au Sr de Fontaine d'Hornoy, conseiller au Parlement de Paris, sans aucune diminution sur leur quittance , jusqu'au jour de leur décès.

— Donnons pouvoir el mandemenl à noire Conseil de régence, d'effectuer les présentes, soit par lui-même, soit par procuration spéciale, les dites délégations sans aucun frais, devant être envoyées audit Sr de Voltaire dans son château de Ferney, -- Entendons qu'il ne soit aucunement dérogé à notre volonté expresse, et, voulons que les dites délégations . dûment acceptées par les fermiers et régisseurs, soient remises franches et quittes audit S de Voltaire; que lui et ses hoirs soient paies sur leurs quittances sans autre formalité, et qu'ils puisseul contraindre sur ce présent rescript les fermiers et régisseurs à

paier. suivant notre intention expresse.

(Archives Nationales).

(28 juin 1769. 1

Voltaire à Rosé.

A Monsieur Monsieur Rosey, receveur des domaines de

S. A. S. Mgr. le dur de Virtemberg, à Colmar.

A Ferney, 28 juin 1769.

Vous avez sans doute, monsieur, remis ;i M1 Jeanmaire les sept mille livres de mon quartier échu le dernier de mars, et dont il doil me tenir compte pour un arrangement qu'il m'avait propose. Mais non seulement il ne m'en a point accuse la réception, mais il ne m'a rien écrit au sujet de ces arrangements qu'il voulait faire. Je vous prie d'avoir la bonté de me mander, si vous lui avez paie pour moi ces sept mille livres. Je vous prie aussi de n'adresser qu'à moi le quartier qui va écheoir le dernier jour de juin ; je vous serai très-obligé.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Archives Colmar),

i21 juillet 1769) Le Conseil à Kosé.

Les Vice-Président et Conseillers de la Régence à Montbéliard, pour son Altesse S"", ayant plu à S, A. S. d'autoriser par son gracieux rescrit du 9 mai courant les arrangements pris avec M. de Voltaire pour un nouvel emprunt d'une somme de 96.000 livres aux conditions suivantes, savoir :

1 1 Que mon d' S' de Voltaire rétrocéderait 1 billets à ordre de S. A. S. chacun de : Ci 000 L. dont l'un est échu au mois de mars dernier el l'autre à la même date de l'année suivante, formant ensemble 70.000 L. et qu'il fournirait comptant les 26.000 restantes, pour parfaire les 96.000 livres.

2) Que cette somme serait remboursée au dit S de Voltaire on à ses héritiers en i années, avec l'intérêt un quatre pour cent, formant la somme totale de 105.600 livres, savoir la 1" année : 28.000 L. ; la 2°". 28.000 L. ; la 3", 24.800 L. et la 4"" aussi 24.800 Livres. 1rs dits paie ments de chaque année à fairede quartier eu quartier, dont le premier est échu dès le 1" juillet courant.

En conséquence des dits arrangements, et ensuite des ordres de sa dite A. S.. 1rs dits vice président et Conseil de Régence à Montbelliard, chargent le sieur Surleau, receveur général de cette principauté, de paier à mondil S' de Voltaire, la dite somme de 105600 Livres dans les

termes énoncés ci-devant, lesquels paiemens il lui sera pa>se règle m

sans aucun frais, de 3 eu 3 mois, dans son château de l'erney. à commencer par le premier paiement au premier juillet courant auquel etîet il fera sa soumission au bas des présentes, laquelle lui sera rendue lorsque ladite somme totale sera remboursée : promettant en outre ledit conseil de Régence, au nom de S. A. S de faire mettre à mondit S' de Voltaire, les contracts acquittés de M' de Diétrich de Strasbourg. de le subroger à lui. et de lui en passer contrat eu Fiance à sa volonté.

Fait en Conseil, le 29 juillet 1769.

De Goi.l. Rossel.

Après le sceau du Conseil :

Je soussigné, receveur général des domaines de S. A. S. Monseigneur le Duc régnant de Wirteuibergà Monlbéliard. me soumets en ladite qualité, de payer à Monsieur de Voltaire, ce qui m'est prescrit par les ordres transcrits d'autre part.

A Montbéliard. le 29 juillet 1769,

G. Surleau.

. {Archives nationales).

(15 aoùl 17(59; Voltaire au Conseil de Montbélinrd.

A Ferney, 15 auguste 1 769.

Messieurs,

Agréez mes remerciements de la déclaration que vous avez eu la bonté de m'envoier, el permettez que, pour achever cette affaire, j'aie l'honneur de mettre sous vos \ eux le petil compte cy-joinl :

Pour faire la somme de cenl cinq mille six cent livres, M1 Jeanmaire emploie :

1 1 Les 70000 I. que s. A s. me doil par ses deux billets soii> seing privé : cy Tooiiu I.

2) 19000 I. qu'il a pris mm- mes quartiers chez

les S - Rozé el Meiner ; cj 19000

3) 7000 I. sur le premier quartier de la transaction nouvelle passée entre nous; ledit quartier liiii>>;ml au I juin passé; cy 7000

'n L'inlérêl au quatre pour cenl pour quatre ans 9600

Total ..... 1056001.

Il ne s'agit donc plus, Messieurs, pour satisfaire ;i l'équité ri ;ni\ sentiments de s. A. S. ci aux voir»'.-, qui en sont inséparables, que de m'envoier une délégation sur un île vos fermiers ou régisseurs que vous choisirez, pour me paler les sept mille livres qui me seront dues au l"r octobre , par nôtre nouvelle transaction; ri ;iinsi de suite suivant nos conventions.

De plus, M' Jeanmaire s'esl engagé ;i me subroger aux droits 'li' M1 Dietrich, el ;i me mettre en main son conlract. C'csl à ces conditions que je me suis privé ;i l'Age 'h' 76 ans île tout l'argent comptant qui pouvail me rester, pour avoir l'honneur el le plaisir de servir S. A. S. — .1 ;ii peu de teins ;i vivre, et la sûreté de mes héritiers exige que

ton l soil en règle. J'ai toul lieu d'espérer que vous aurez égard à mes justes demandes.

M. Jeanmaire m'avail promis au mois de mars que toul sérail consommé au mois de Juin : nous sommes au milieu d'auguste. Je compte sur votre houle el sur votre justice.

J'ai l'honneur d'être avec respect, Messieurs, vol ir très humble el 1res obéissant ser\ iliiir.

Sigi i {Collcctinn Rassrl).

3 octobre 1769.

Voltaire à Kosé.

A .Monsieur Monsieur Rosé, receveur îles domaines de S. A. S. Mgr. le due de Virtemberg i\ Montbéliard.

A Ferney, 3 octobre 1769.

Vous m'avez fail un très-grand plaisir, monsieur; vous avez prévenu mes prières, je vous en remercie. Voicj mes deux quittances. Je compte à l'avenir sur les mêmes attentions de votre part.

J'ai l'honneur d'être bien véritablement, monsieur, voire très-humble el très-obéissanl serviteur.

Im hives Calmar).

16 septembre 1769) Voltaire au Conseil de Montbéliard

A Ferney. le <i septembre I7G9.

.Messieurs,

Je reçois dans ce moment une lettre de ma famille qui me force encorde vous impori uuer. L'argent dont M1 Jeau

Maire esl nanti esl le I >i « m i de mes parents, — ils exigent la délégation sur des fermiers solvables demeurans en Franco, telle que M1 Jean Main' l'a stipulée avec moi, et telle que nos usages les prescrivent. Je ne puis leur refuser une chose si jusie, sans laquelle ils seraienl en droil de regarder notre convention comme nulle.

Je vous demande donc en grâce, Messieurs, et avec la plus vive instance de vouloir bien m'envoyer cette délégation, afin qu'étant paye du quartier échu au Ier octobre prochain, je puisse satisfaire à mes engagemens el ne plus essuier les reproches continuels de ma famille. -- S'il ne s'agissait que de mon intérêt, je m'en remettrais uniquemenl à voire lionne volonté, et à celle de M1 Surleau ; mais M1' Surlean ne peul pas répondre des deniers ; il n'est point domicilié en France el il fautabsolumenl un fermier mi régisseur qui s'engage en son propre el privé nom.

Cela seul peul suppléer quelque lems à la subrogation que M. Jeanmaire m'a promise depuis six mois el qu'il n'a point effectuée. --Ma famille a été 1res allarmée de ne poinf voir celle promesse accomplie ; elle m'impute cette violation de mon traité avec M. Jean Maire comme si c'était ma faute. - - Cependant, M. Jean Maire sait que j'ai insislé dans toutes mes lettres sur celle clause essentielle qui a été le fondement de notre traite, et les minutes de mes lettres en l'ont foi.

Je vous supplie donc. Messieurs, -- non seulement de me faire tenir cet acte de subrogation dés que vous le pourez ; mais de me donner dès ;i présent la délégation, pour recevoir le quartier qui échoit à la lin du mois. — J'attends cette justice de vous.

J'ai l'honneur d'être avec les sentiments les plus respectueux, Messieurs,

voire très humble et très obéissant serviteur,

(Signée). (Collection Rossel).

I ï janvier 1770)

Kosé à Voltaire.

A Colmar le 'i janvier 1770.

Mes vœux pour vous au nouvel an tendaient à pouvoir vous envoyer 14000 I. pour contribuer à l'accomplissement de vus désirs. Vous pouvez imputer. Monsieur. 1rs 2698 1. que M. Jeanmaire vous a fait tenir sur les 14000 I. que j'ai à vous payer. J'ai NOU0 I. en caisse destinées pour vous. Il m'entrera le surplus dans le courant de ce mois de sorte que sur la lin du courant peul être' plutôt je pourrai avoir la satisfaction de vous faire passer le tout. Je vous supplie. Monsieur, d'en avoir patience. Si je suis un peu tardif à vous payer. Monsieur, ce n'est pas de ma faute. Ceux qui me doivent pour Sou Altesse sérénissime le sont. Vos sentiments d'humanité, vos actions nobles me sont si bien connues que je me Halle. Monsieur, que vous ne voudriez pas que j'agisse sans délai à la dernière rigueur contre des débiteurs desquels tout leur acquit passe de mes mains aux vôtres. Je vous supplie, Monsieur, de [n'informer si vous desirez que je continue l'envoi de l'argent pour vous par la voie ordinaire du Postamt de Bàle à Ferney, que vous m'avez fait l'honneur de m'indiquer du passé et qui est la voie la plus prompte. Je vous dois encore la réponse, Monsieur, à ee que vous m'avez demandé du vin de Riquevir. Quant au vin des revenus de Son Altesse sérénissime il est d'une moindre qualité ; la longueur du chemin augmenterait trop le prix. Le vin d'une meilleure qualité qui s'y trouve chez les particuliers est malsain lorsqu'il n'esl pas bien vieux. Il abrégerait vos jours précieux et augmenterait aussi trop le prix eu ésard à la distance de Riquevir chez vous. En général le vin de Riquevir est malsain pour les personnes qui n'y sont pas accoutumées. Vous devez avoir dans votre voisinage du vin très sain entre Genève el Lausanne.

A M. de Voltaire.

( \rchices Colmar).

(Voltaire prit cependant son hypothèque le •'» mars I77.'l.

Une fois par hasard. Rosé envoya un quartier avant d'avoir reçu des réclamations de Voltaire. Par malchance, sa lettre d'envoi se croisa avec la demande de Voltaire. Voici les deux pièces par ordre de date :)

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