‹ VoltaireChapitre 36 sur 113 · LA SCKNK PARISIENNE. OO · texte numérisé non relu

LA SCKNK PARISIENNE. OO

personnages se rapprochant plus de la nature, et hasarda dans cette pièce (qui d'ailleurs ne fut pas représentée) un jardinier, une fille des champs, deux officiers subalternes et même un simple soldat. Puis il donna plus d'extension géographique à l'art dramatique en puisant ses sujets dans toutes les parties du monde, depuis la Chine jusqu'au Pérou, depuis l'Angleterre jusqu'à la Barbarie. Mais sous le rapport du lieu même de la représentation, Voltabe trouva également le drame français à l'étroit. Le théâtre de Paris était une ancienne salle de bal, ayant à une extrémité une scène étroite et mal décorée, et par une absurde coutume alors admise, qui plaçait sur cette scène elle-même un certain nombre de spectateurs privilégiés, les uns assis sur des bancs, les autres debout et gênant les acteurs, elle était rendue plus étroite encore. Toute illusion disparaissait alors, et toute action saisissante était rendue impossible. « Comment oserions-nous, demandait Voltaire, faire paraître, par exemple, l'ombre de Pompée ou le génie de Brutus, au milieu d'un tas de jeunes gens qui ne regardent jamais les choses les plus sérieuses que comme l'occasion de dire un bon mot? » Comme cet abus nuisait particulièrement à l'apparition des esprits dans sa Séinirainis, représentée pour la première fois en 1748, il sut, par son insistance et son influence , ol)tenir que le? spectateurs s'éloignassent peu à peu de la scène. Alors il y eut de l'espace pour la liberté des mouvements et pour le développement de la pompe et de la décoration.

De ces limites irrationnelles ou simplement inutiles, fruits de la coutume et du préjugé, dont il cherchait à délivrer le théâtre français, d'après l'exemple des Grecs et

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