‹ VoltaireChapitre 90 sur 113 · LES VISITEURS DE FERXEY · texte numérisé non relu

LES VISITEURS DE FERXEY

OU do mes loctours veuille nTeu blâmer. Et moins encore les mânes du vieillard de Fernev pourront-ils en être mécontents. Il ne s'est jamais montré plus aimable, plus affectueux que dans cet épisode, et le monde ne sait pas ou ne veut pas savoir que lui aussi pouvait être affectueux. Certes il ne le fut pas toujours, il ne fut que trop souvent le contraire ; mais celui qui, même dans un seul cas, se montra si constamment aimable, celui-là, nous ne pouvons pas nous empêcher tout à fait de l'aimer.

Comme il résulte du récit précédent, la vie était trèsactive dans cette retraite de Ferne}'. La gloire de Voltaire et la grâce avec laquelle il recevait et hébergeait ceux qui lui faisaient visite, y attiraient les hôtes en foule, comme auj)aravant aux Délices. Comme d'habitude , la plupart étaient indifférents, d'autres à charge ; mais il y en avait aussi qui étaient les bienvenus. A ces derniers appartenaient les acteurs et les actrices, dont il a déjà été question ; mais avant tout les amis et les admirateurs parisiens, qui vinrent là ou aux Délices : d'Alembert, Damilaville, Grimm, Marmontel, Morellet, etc. ; puis des femmes spirituelles ou aimables, comme la marquise d'Épinay, la seconde nièce de Voltaire; madame de Fontaine, plus tard de Florian; madame de Saint-Julien, que nous retrouverons au lit de mort de Voltaire, lui donnant ses soins. Mais de hauts seigneurs se rappelaient également au souvenir de Fernev, soit par des visites, soit par des lettres ou des dons. Parmi les premiers, entre autres, le prince Ferdinand de Brunswick, à qui Voltaire a adressé différents écrits. Le prince du trône Gustave de Suède, fils de cette sœur de Frédéric le Grand pour laquelle il avait composé le fameux madri-

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