‹ VoltaireChapitre 2 sur 41 · SON ENFANCE ET SA JEUNESSE · texte numérisé non relu

SON ENFANCE ET SA JEUNESSE

eu quand il avait intérêt h lo montrer, le g-oiit pour les abstraclionspersonnifiées, qui était du temps (J.-B. Rousseau) et que Voltaire a toujours gardé. C'est un des charmes de sa poésie.

I^ sortit du collège en 1713, présenta son ode sur Louis XIII au concours de l'Académie française, se vit préférer l'abbé du Jarry,quiavaitécrit sur le même sujet une ode oii il était question de « pôles brûlants, » publia son poème avec une critique de celui de son heureux rival ; en un mot débuta dans la vie littéraire, oii il devait rester, toujours militant, pendant soixante-cinq ans.

A vingt ans il alla visiter en Hollande le marquis de Châteauneuf qui y était ministre de France, eut un commencement de roman avec Mademoiselle Dunoyer, française réfugiée, à laquelle il adressa des lettres charmantes que Ton trouvera dans sa Correspondance, et revint, un peu contraint par sa famille, à Paris en 1714.

Là il entra comme clerc chez un procureur, maître Alain, qui demeurait auprès de la place Maubert. C'est dans ces lieux austères qu'il connut le joyeux et indolent Thiériot, qui resta son ami toute sa vie. — Hs'y ennuyait fort, nonobstant, et trouva le moyen d'en sortir. Séduit par ses grâces et son esprit, M. de Caumartin, intendant des finances, l'emmena au château de Saint-Ange, à trois lieues de Fontainebleau. Il y causa et il y travailla. M. de Caumartin était « du beau temps du règne de Louis XIV. » Il inspira à Voltaire le goût de ce grand roi et de ce grand règne, déclinants alors, lui raconta force anecdotes, lui fit comme un tableau complet de la brillante époque, laissa dans l'esprit du jeune homme une inipression qui ne devait pas s'effacer. Après quelques mois de séjour, Voltaire revient à Paris, se lance dans le monde, fréquente chez la marquise deMimeure, chez Ninon de Lenclos, chez le grand-prieur de Vendôme,

Page 1