‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 101 sur 333 · Au iiiaréclial de Luxembourg, 10 juin · texte numérisé non relu

Au iiiaréclial de Luxembourg, 10 juin

VOLTAIRE KT J-J. ROISSEAT 107

quo Rousseau ivrul des iii;ir(|ui's do synipalliic. .Malj^ré sa rupture avérée avec le j)arli pliilosopliitjue, bien qu'il eiUressé avec éclal toutes irlalious jiei'sonnelles avec Vollaiie, GriiiiiH, Didciol, tic. il était resté vu bous leriries avec d'Alembert. A la j)ieiuiéie nouvelle de la persécution quifiappail V Emile et son auteur, d'Alembert s'empressa de lui adresser une lettre des plus honorables.

(( .le complais nièiiie faire mieux que de vous écrire, je ni'? llaltais d'avoir le plaisir de vous voir à Montmorency... lorsqu'il a plu à une troupe de fanatiques qui se font appeler Pères de la pairie dans les gazettes de vous persécuter pour avoir eu raison, et pour avoir donné aux hommes le plan d'une religion raisonnable. Ce malheur, auquel je prends, Monsieur, toute la part qu'une ancienne amitié et la plus grande estime doivent m'inspirer, ne me laisse de force que pour vous parler de vous-même et pour vous offrir, dans la situation où vous êtes, tout ce qui dépendra de moi pour l'adoucir. »

Il l'engageait en même temps à chercher un refuge dans les États du roi de Prusse.

« Je ne doute point qu'il n'accueillît comme il le doit un homme de votre réputation et de votre mérite; il en a trop lui-même ponr no pas sentir combien des hommes tels que vous sont rares, combien on doit être glorieux de les posséder et honteux de n'en pas sentir le prix. »

Mais il lui conseillait surtout de se rendic à Xeufchâtel, où il tiouverait un gouverneur, « Milord Maréchal, (jui le recevrait elle traiterait comme les i)alriarches de l'Ancien Testament recevaient et traitaient la vertu persécutée . »

Page 1