‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 123 sur 333 · I. Aflaires étrangères, Genève · texte numérisé non relu

I. Aflaires étrangères, Genève

"l. Extraits des registres du Conseil.

5. Chaque fois qu'à Genève on brûlai I un ouvrage condamné en France, le Conseil recevait les félicitations de la France. C'est ce qui eut lieu en particulier au moment de l'exécution du Dictionnaire pliilosophique.

'224 VULTAIUE ET .l.-.l. HOUSSEAU

devoir en tirer vanité et s'en faire un lilre auprès du gouvernement français. Il est bien évident qu'à Versailles on ne pouvait qu'approuver ces rigueurs. Mais de là à les imposer il y a loin.

Dans les Confessions, Rousseau fait allusion à l'influence de Ciioiseul, mais il s'arrête peu à celte idée cl c'est Voltaire et Troncliin qu'il accuse de tous ses malheurs. Le reproche est-il mérité? Est-il vrai (jue, par un acharnement sans exemple et indigne d'un i)lnlusophe. Voltaire ail fait chasser de Genève son rival infortuné?

Certes, s'il faut en croire la correspondance de Rousseau, le doule n'est pas possible : « Il est vrai, écrit-il à Mme de Roufflers, que le crédit de M. de Voltaire à Genève a beaucoup contribué à celle violence et à celle précipitation. C'est à l'instigation de M. de Voltaire (ju'on y a vengé contre moi la cause de Dieu'. » Le '21 juillet c'est à la maréchale de Luxembourg qu'il confie le nom de ses persécuteurs : « Du reste, c'est le polichinelle Voltaire et le compère Tronchin qui, tout doucement et derrière la toile, ont mis en jeu toutes les autres marionnettes de Genève et de Rerne'. »

Philosophes et dévols, parail-il, se sont raccommodés pour le poursuivre; mais les dèvols lui font la guerre ouvertement, tandis que les philosophes, lisez Voltaire et Tronchin, gémissent tout haut sur son soit et s'acharnent sur lui en secret. Ainsi, il n'en faut pas dou-

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