‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 125 sur 333 · juin · texte numérisé non relu

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tout pour VOUS en ôter le titre.... C'est une chose aussi singulière qu'étonnante que la passion avec laquelle on vous a jugé; à l'exception de trois ou quatre hommes sages qui ont résisté au torrent, tout le reste a conclu unanimement à vous décréter ; une dévotion mal entendue a offusqué la raison de la plupart, et ils n'ont pas vu qu'ils n'élaient que les instruments de la politique des autres'. »

La conduite du Conseil s'explique fort bien. Ne valaitil pas mieux fermer les portes à un citoyen turbulent dont les théories politiques et la présence pouvaient amener des mouvements populaires? Donc, tant au point de vue religieux qu'au point de vue politique, Jean-Jacques ne pouvait s'attendre à Genève qu'à une condamnation.

Il en était de môme à Berne, où l'aristocratie n'entendait pas davantage laisser toucher à ses privilèges et compromettre son autorité. Aussi les ouvrages de Jean- Jacques y furent-ils brûlés, l'auteur expulsé du territoire, et cependant, à Berne, ni la France ni Voltaire n'avaient d'action.

Rousseau, qui connaît toutes ces raisons, qui avoue qu'on était surexcité contre lui à Genève, qu'on le jalousait, qui ne pouvait avoir oublié les avertissements si nets, si précis, de Moultou, ce môme Rousseau, le jour où l'événement se réalise, le jour où ses livres sont brûlés et lui décrété, veut absolument trouver un bouc émissaire; il fait hommage à Voltaire de la persécution

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