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276 VOLTAIRE ET J.-J. UOUSSEAU
tail, kl marche qu'elle aurail dû suivre, n'élait-ce pas la pousser à agir et à suivre pas à pas la ligne de conduite qu'il lui traçait? C'est ce qui arriva.
La république vivait alors dans le calme le plus complet, l'accord régnait entre toutes les classes, on ne prévoyait rien qui pût troubler cette heureuse harmonie. Des fêles prolongées venaient encore d'affirmer la concorde qui régnait entre tous.
(I Ce fut en 1765, écrit Corniiaud, après les fêtes palrioliques et multipliées que le nouvel exercice militaire à la prussienne avait occasionnées depuis trois ans, innovation désirée par la bourgeoisie, et à laquelle le Conseil n'avait pu se dispenser de consentir; ce fut au sein de la plus éclatante prospérité, et au moment où il semblait que les Genevois de tous les ordres n'étaient qu'un cœur et qu'une âme, que l'on vit s'élever les premières étincelles d'un feu caché, nourri par quelques esprits inquiets et dont les écrits de J.-J. Rousseau firent bientôt un incendie général'. »
M. Chappuis, en recevant la réponse de Jean-Jacques, en comprit de suite le danger. C'était un bon citoyen, il vit son devoir et ne montra la lettre à personne. Cependant, quelques jours après, toute la ville la connaissait par des copies répandues à profusion, et la plus vive fermentation régnait dans la bourgeoisie. Qui donc avait divulgué cet écrit dangereux?
Rousseau lui-même. Craignant la discrétion deChap-