‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 157 sur 333 · Inédit. Mémoiici de Coriiuuud · texte numérisé non relu

Inédit. Mémoiici de Coriiuuud

VOLTAIRE ET .I.-.I. IlOUSSEAU 277

puis, il en avait envoyé nn(^ copie à Moultou. Moulloii montra la lettre à De Luc et ce dernier, après l'avoir copiée, la publia partout'.

Cette conduite était on ne peut plus blâmable, autant valait avouer que l'on voulait à tout prix bouleverser Genève. Aussi fut-elle soigneusement dissimulée, et Jean-Jacques laissa peser sur son correspondant tout l'odieux de la publication.

Ce n'est pas tout . Moultou eut l'impudence de se rendre chez M. Cliappuis, de lui dire qu'il courait dans Genève des copies de la lettre, qu'il les croyait tronquées, et il demanda à voir le texte original, comme s'il ne le connaissait pas'.

Cependant Chappuis, au désespoir, proclamait partout son innocence et jurait n'avoir point eu de part à la divulgation. Indigné du procédé de Jean-Jacques, car l'indiscrétion ne pouvait venir que de son coté, il lui écrivit pour lui faire part de la visite qu'il venait de recevoir et en même temps lui reprocher d'avoir donné copie de la lettre.

Dès que Moultou fut avisé de cette démarche, il recommanda à son ami la plus grande prudence : « Gardezvous d'avouer, lui dit-il, que vous avez envoyé une copie à Genève, éludez la question, ne répondez pas aux reproches, mais marquez fortement que vous ne voulez

1. Ce n'est pas une supposition : Moultou n'écrit-il pas : « De Luc a eu tort de répandre la lettre à Chappuis, mais le mal n'est pas grand. » L'aveu est formel.

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