‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 160 sur 333 · juin · texte numérisé non relu

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inutile, sans objet, et devait être abandonné. « Après avoir sacrifié mes droits les plus chers à mon honneur outragé, dit-il, j'ai sacrifié à la paix mes dernières espérances*. »

Quant aux bourgeois qui s'étaient compromis sur ses conseils, il ne trouva d'autre éloge à leur adresser que de qualifier leurs démarches de « tardives et de déplacées ». « Après s'être tu quand il fallait [parler, dit-il, on parle quand il faut se taire, et que tout ce qu'on peut dire n'est plus bon à rieir. »

Rousseau a beau répéter que tout s'est fait contre son gré, trop tard, mal à propos, il ne peut nier ce qu'il a écrit, ce qu'il a fait répandre par ses amis. C'est lui qui a poussé la bourgeoisie, qui lui a jeté son inaction à la face et qui l'a fait sortir du calme dont elle ne voulait pas se départir.

Les esprits étaient si bien surexcités, qu'on disait ouvertement dans le peuple que Jean-Jacques n'avait qu'à se présenter, qu'on saurait bien en finir avec le Consistoire, que puisqu'il avait contenté celui de Neufchàtel, on ne comprenait pas ce que réclamait encore celui de Genève.

Les bourgeois, piqués au vif, brûlaient de montrer ce dont ils étaient capables. Rousseau avait dit que les lois étaient violées, que l'aristocratie voulait asservir le peuple, il fallait forcer le Conseil à rentrer dans la légalité. Les auteurs de la première représentation, bien

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