Julie von Bondeli, 12 octobre
'2. D'ivernois, Français réfugié, exerçait un coninurce à Genève ; il élait parent du procureur généial de Neufchàlel. 5. Confessions, l'ortie II, liv. XII.
'il
522 VOLTAIRE ET J.-.I. nOUSSEAU
m'apportait mille sortes de petits cadeaux, s'insinuait malgré moi dans ma confidence, se mêlait de toutes mes affaires, sans qu'il y eût entre lui et moi aucune communion d'idées, ni d'inclinations, ni de sentiments, ni de connaissances.... Quand je commençai d'herboriser, il me suivit dans mes courses de botanique, sans goût pour cet amusement, sans avoir i-ien à me dire ni moi à lui. 11 eut même le courage de passer avec moi trois jours entiers tête-à-tête dans un cabaret à Goumoins, d'où j'avais cru le chasser à force de l'ennuyer et de lui faire sentir combien il m'ennuyait, et tout cela sans qu'il m'ait été possible jamais de rebuter son incroyable constance, ni d'en pénétrer le motif '. »
Outre les fidèles qui lui arrivaient de Genève et qui laissaient, on le voit, dans son esprit de si séduisants souvenirs, Jean-Jacques s'était créé à Motiers un j)etit cercle d'amis avec lesquels il passait des heures fort agréables; tantôt il les recevait dans sa petite résidence, tantôt il devenait leur hôte, tantôt ils parcouraient ensemble en herborisant les montagnes du voisinage. Au nombre de ceux avec lesquels il noua des relations intimes, il faut citer M. du Peyrou, homme d'un esprit élevé, fort instruit, du commerce le plus sûr et le plus aimable; il jouissait d'une grande fortune et la consacrait à soulager les malheureux. Son beau-père, iM. de Pury, fut également très lié avec Rousseau. C'était un ancien militaire; il avait de l'esprit, de l'imagination, des mœurs austères et beaucoup de bonhomie.