Confessions. Partie IF. liv. XII
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D'Eschcriiy, ([ui l'ut peut-être le compagnon le plus assidu du philosophe dans ses courses montagnardes, était né à .Neul'chàlel, où sa famille s'était réfugiée à l'époque de la révocation de l'édit de JNantes. Homme distingué, à la fois philanthrope et philosophe, il avait connu à Pai'is tous les littérateurs de l'époque et sa conversation, des plus intéressantes, offrait une ressource précieuse.
Quant à la vie matérielle, Rousseau n'avait lien à désirer. Grâce aux cadeaux des enthousiastes, son ménage abondait « du nécessaire et du superflu' ». Cependant il ne se montrait pas satisfait :
« Les denrées sont chères, écrit-il, parce que le pays en produit peu.... Pour y avoir le pain mangeable il faut le faire chez soi, et c'est le parti que j'ai pris à l'aide de Mlle Levasseur; la viande y est mauvaise, non que le pays n'en produise de bonne, mais tout le bœuf va à Genève ou à Neufchâtel et l'on ne tue ici que de la vache. La rivière fournit d'excellente truite, mais si délicate qu'il faut la manger sortant de l'eau.... Point de volaille, peu de gibier, point de fruit, pas même de pommes, seulement des fraises bien parfumées en abondance. »
Voyons maintenant comment d'Escherny raconte ses joyeux repas avec Rousseau :
« Il doit m'être permis de dire un mot des excellents dhiers que j'ai faits à Motiers-Travers, chez Jean-Jacques; tête-à-tête avec lui. Sa cuisine était simple, telle qu'il l'ai-