août 17G2. StfeckeiscnMoultou
Voltaire naturellement renia l'ouvrage, il alla même plus loin, il désigna le roi de Prusse comme en étant l'auteur. Moultou, révolté, suppliait Jean-Jacques de prévenir Frédéric de cette perfide imputation'.
S'il faut en croire Grimni, quand les Leltres de la montagne arrivèrent à Ferney, le patriarche, après une explosion de fureur, eut un accès de sensiblerie assez étrange. Dès qu'il eut lu l'apostrophe qui le regarde :
« Voilà son regard qui s'enflamme, ses yeux qui étincellent de fureur, tout son corps qui frémit, et lui qui s'écrie avec une voix terrible : Âh! le scélérat! ah! le monstre! il faut que je le fasse assommer.... Oui, j'enverrai le faire assommer dans les montagnes entre les genoux de sa gouvernante. ~ Calmez-vous, lui dit son interlocuteur, je sais que Rousseau se propose de vous faire une visite et qu'il viendra dans peu à Ferney. — Ah ! qu'il y vienne, répond M. de Voltaire. — Mais comment le recevrez-vous? — Gomment je le recevrai?... Je lui donnerai à souper, je le mettrai dans mon lit. Je lui dirai : « Voilà un bon « souper, ce lit est le meilleur de la maison; faites-moi le (( plaisir d'accepter l'un et l'autre et d'être heureux chez « moi. )) •
« Ce trait m'a lait un sensible plaisir. Il peint M. de Voltaire mieux qu'il ne l'a jamais été; il fait en deux lignes l'histoire de toute sa vie^ »
Autant ce récit nous parait véridique dans sa première partie, autant nous avouons ne pas croire à la
\. 10 septembre 1762.