‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 207 sur 333 · Grimm. Correspondance lillcrairc, 1", janvier · texte numérisé non relu

Grimm. Correspondance lillcrairc, 1", janvier

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seconde. Evidemncnl (Iriimn n'a pas invciilé l'aventure, il dit la tenir d'un témoin oculaire, et l'histoire a couru à cette épo([ue. Mais, malgré la faiblesse persistante de Voltaire à l'égard de Jean-Jacques, il nous paraît impossible ([u'il pût avoir des sentiments généreux vis-à-vis d'un homme (jui se luisait délateur, sans souci des risques que cette dénonciation pouvait l'aire courir à son ennemi.

Voltaire est bien plus dans son rôle et dans la vraisemblance ([uand il dit à M. Hordes :

« Ah! Monsieur, vous voyez bien que Jean-Jncques ressemble à un philosophe comme un singe ressemble à l'honmie ; il me paraît que ses livres et lui ont été reconnus sous le masque. On est revenu de ses sophismes, et sa personne est en horreur à tous les honnêtes gens qui ont approfondi son caractère. Quel philosophe qu'un brouillon et qu'un délateur!

« Abandonnons ce malheureux à son opprobre. Les philosophes ne le comptent point parmi leurs frères. »

Le patriarclie, dans sa conespondance, revient sans cesse sur ce sujet; on voit à quel point il a ressenti l'outrage, combien il y a été sensible :

« Ce petit magot de Rousseau a éciit un gros livre contre le gouvernement et son livre enchante la moitié de la ville. H dit, en termes formels, qu'il faut avoir [)erdu le bon sens pour croire les miracles de Jésus-Christ; malheureusement il m'a fourré là très mal à propos. Il dit au Conseil que j'ai fait le Sermon des cinquante. Ah! Jean-JacqueS;

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cela n'est pas duii pliilosoplie : il est infâme d'être délateur, il est abominable de dénoncer son confrère et de calonmier aussi injustement !...

« Vous m'avez incendié, dit-il ; incendiez donc aussi (( mon confrère : j'ai fait mal, mais il a fait pis. « Ce n'est pas ainsi, ce me semble, que Socrate parlait aux Athéniens. Je vois que le grand défaut de Jean-Jacques est d'être enragé contre le genre humain : il a là une bien vilaine passion ^ »

Il l'accusail en même temps d'avoir, pour le compromettre plus sûrement, l'ait imprimer eu Hollande chez Rey le Sermon des cinquante, et quelques autres brochures sous ce titre général .• Collection complète des œuvres de M. de Voltaire.

Rey, en effet, avait bien imprimé ces brochures, mais rien ne prouve que ce fût à l'instigation de Rousseau. Voltaire réclama, et le libraire écrivit à Jean-Jacques cette lettre singulière :

« .... On dit que M. de Voltaire crie et braille comme un enragé au sujet de ces deux ouvrages, il m'écrit une lettre au sujet du second dont j'ai vendu quelques exemplaires; j'en suis fâché, nous sommes exposés à de pareils inconvénients, je n'y ai réfléchi qu'après coup, ce qui me rendra plus circonspect par la suite, mais je ne comprends pas pourquoi il s'est adressé à moi, je lui ai répondu que ne sachant à qui m'adresser pour savoir qui a imprimé cet ouvrage je ne pouvais lui être d'aucune utilité. Cet homnie est, je crois, le plus fourbe (ju'il y ait sous la voûte des

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