Lettres sur V histoire de la terre
VOLTAIUE ET .l.-.l. HOISSKAI 583
libelle pouvait bien venir de l'erney Selon le dit à lloussean. qui aussitôt accusa Vernes de diffamer Voltaire pour se disculper.
Comment pouvait-on s'y (r()ni|)er?
« Quel est l'homme assez dépourvu de goût et de sens, écrit Jean-Jacques, pour attribuer de pareils écrits à M. de Voltaire, à la plume la plus élégante de son siècle? M. de Voltaire aurait-il employé six pages d'une pièce qui en contient huit à parler des ministres de Genève et à tracasser sur l'orthodoxie? m'aurait-il reproché d'avoir mêlé l'irréligion à mes romans? m'aurait-il accusé d'avoir voulu brouiller des pasteurs? aurait-il dit qu'il n'est pas permis d'étaler des poisons sans offrir l'antidote? aurait-il affecté de mettre ^
les auteurs dramatiques si fort au-dessous des savants? aurait-il fait si grand'peur aux Genevois d'appeler les étrangers pour juger leurs différends? aurait-il écrit quinze ceni, faire cent indéclinable étant une des fautes de langue particulières aux Genevois? M. de A'oltaire sait que les libelles sont un moyen maladroit de nuire; il en connaît de plus sûrs que celui-là-. »
Et cependant Voltaire était bien l'auteur du Sentiment des citoyens.
1. « Tout ce que je puis vous dire, mon cher philosophe, écrivait Gabriel Cramer à Grimm, qui avait tout de suite deviné l'auteur, c'est que depuis que je me connais, je n'ai rien vu, rien lu, ni ouï parler de rien qui m'ait autant déplu, dégoûté, repoussé que l'infànie petit libelle dont vous vous plaignez. 11 a été très peu répandu ici, il a révolté, et je crois que personne n'a eu le même soupçon que vous ; j'ai été deux ou trois fois à Ferney depuis l'apparition de cette vilenie, je n'en ai pas ou'i parler, et je n'ai rien dit; je n'en |»ensc rien non plus, faites de même et renvoyez votre idée sur cela le plus loin (juc vous pourrez. » (Sayous, Dix-huitième siècle à l'clrangrr.)