Dcclaralion relalivc à M. Vernes
Ô84 VOLTAIRE ET ,1 -,l. UOUSSEAU
Il n'y a pas le moindre doute. Wagnière l'a reconnu', et il a donné pour excuse à cette violence de polémique la dénonciation dont le patriarche avait été l'objet dans les Lettres de la montagne.
Ce qui nous étonne, c'est que Rousseau se soit ainsi mépris, c'est qu'il ait supposé que son attaque pouvait rester sans réponse, c'est qu'il n'ait })as immédiatement reconnu la main qui le frappait si durement.
Pendant que le malheureux pasteur se débattait contre les imputations de Rousseau, Voltaire, paisiblement installé à Ferney, contemplait son œuvre, et se réjouissait « des effets de cette pomme de discorde entre un déiste et un croyant^ ».
Quels que fussent les torts réels, persistants de Rousseau, on ne peut approuver les violences de polémique de Voltaire. De ce qu'on a affaire à un délateur, il ne s'ensuit pas qu'on doive devenir délateur soi-même.
Ce qu'on peut dire à l'excuse du philosophe de Ferney, c'est que depuis dix ansJean-Jacques s'est toujours tjouvé sur sa route, c'est que depuis dix ans, sans motifs, sans raison, il n'a cessé de le provoquer en toutes circonstances. Enfin, pour venger des griefs imaginaires, il le dénonce aux tribunaux séculiers. Cette fois, c'en est trop.
A une attaque injustifiable le palriarche exaspéré, à bout de patience, répond avec ses armes; il a jusqu'ici tout pardonné, tout excusé, il ne pardonnera pas