A (1 Alcnibcrt, 19 septembre
VOLTAIRE El J.-J. IU)rSSEAU 391
la perséculion la plus violoiito; c'ost qu'enlin ji^ ne veux pas mourir martyr d'un livi'e que je n'ai pas fiiit'. »
Ces craintes, très réelles et parfaitement justifiées, n'empêchaient pas les éclairs de gaieté :
« Je serais bien fâché, écrivait-il à Richelieu, qu'on me soupçonnât d'avoir la moindre part au Philosophique portatif. M. le duc de Praslin, qui connaît parfaitement mon innocence, a assuré le roi que je n'étais point l'autour de ce pieux ouvrage ; ainsi n'allez pas, s'il vous plaît, me défendre comme Scaramouche défendait Arlequin, en avouant qu'il était un ivrogne, un gourmand, un débauché attaqué de maladies honteuses, et s'excusant envers Arlequin en lui disant que c'était des fleurs de rhétorique ^.))
Les Lettres de la monta(jne, avec la dénonciation . , contre le Sei^mon des cinquante, parurent au moment où Voltaire plus que jamais tremblait pour son repos et sa sécurité.
On s'explique aisément la rage du patriarche quand il se vit attribuer publiquement cette dangereuse paternité! Ainsi, ce n'était pas assez pour lui d'être accablé d'ennuis, de préoccupations, de se demander chaque jour s'il ne devrait pas prendre la fuite, abandonner la douce retraite de Ferney, il fallait encore qu'un homme jaloux et méchant, un «petit magot bouflî d'orgueil », vînt le dénoncer comme l'auteur avéré d'un ouvrage qu'il avait toujours désavoué avec