‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 221 sur 333 · Inédite. Affaires ôtrangères · texte numérisé non relu

Inédite. Affaires ôtrangères

de l'arracher de Ferney et de l'enfermer à la Bastille pour le reste de ses jours.

(( Le roi est trop juste et trop bon, écrivait le patriarche alarmé, pour me condamner sur des calomnies aussi frivoles, qui renaissent tous les jours, et pour vouloir accabler, sur une accusation aussi vague et aussi fausse, un vieillard chargé d'infirmités', n

En même temps, il usait de tous les moyens pour tâcher de détourner l'orage. Il poussait môme le zèle jusqu'à écrire à M. de Sartines, et il lui dénonçait le portatif comme un écrit des plus pernicieux.

Tous ses amis étaient mis en réquisition pour nier à l'envi qu'il en fût l'auteur :

(( Ce recueil est de plusieurs mains, mande-t-il à d'Alembert, comme vous vous en serez aisément aperçu. Je ne sais par quelle fureur on s'obstine à m'en croire l'auteur. Le plus grand service que vous puissiez me rendre est de bien assurer, sur votre part du paradis, que je n'ai nulle part à cette œuvre d'enfer^ »

Un mois plus lard, ses inquiétudes n'étaient pas moins vives et il répondait à d'Alembert, qui s'étonnait d'une alarme aussi chaude :

(( Vous me demandez pourquoi je m'inquiète tant sur un livre au,|uel je n'ai nulle part : c'est qu'on me l'attribue; c'est que, par ordre du roi, le procureur général prépare tejuellement un réquisitoire; c'est qu'à l'âge de soixante 8t onze ans, malade, et presque aveugle, je suis prêt à essuyer

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