A du Peyroii. Moliers, 31 janvier 17G
doux qu'éclairé, la philosophie et l'humanité seront poussées. Quand l'inquisiteur Voltaire m'aura fait brûler, cela ne sera pas plaisant pour moi, je l'avoue; mais avouez aussi que, pour la chose, cela ne saurait l'être plus^ »
]N'est-il pas bien étrange que Yoltaire ayant écrit tant de lettres, à tant de personnes différentes, dans tant de pays divers, pour persécuter le Citoyen, il ne s'en soit jamais retrouvé une seule?
Fut-il donc aussi le promoteur des rigueurs exercées à Paris contre les Lettres de la montagne'l A en croire Rousseau le doute n'est pas possible. Les mesures avaient pourtant été prises avec le plus grand soin pour que l'écrit pût se réj^andre en France et surtout à Paris : « Vous avez pu voir, mandait Fauteur à Rey, qu'il est tourné de manière qu'il ne s'y trouve rien qui puisse déplaire à la France et aux catholiques '. » Et il recommandait bien à l'éditeur d'annoncer l'ouvrage comme une attaque contre les ministres de Genève, espérant obtenir ainsi une permission tacite. A la stupéfaction générale, les Lettres de la montagne non seulement furent interdites par M. deSartines, mais encore livrées aux flammes. On ne comprit pas celte sévérité vis-à-vis d'un ouvrage qui ne pouvait être que très agréable au clergé catholique puisque les pasteurs protestants y étaient taxés d'ignorance, d'incrédulité et malmenés de la bonne façon. « Je crois, écri-