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VOLTAIRE ET J.-J. ROrSSEAU 411
lemcnt refusé; de même à Vienne, où le duc de AVirtemberg avait des relations.
« A Vienne les prêtres ont beaucoup de pouvoir, répondait le duc en annonçant à Jean-Jac([ues le peu de succès de ses démarches, et vous savez que les prêtres ne sont pas vos amis. Si le pape défunt vivait encore, je vous conseillerais de vous jeter entre ses bras, parce que, de tous les prêtres de nos jours, c'était peut-être le seul qui fût véritablement chrétien', i^
Mme de Verdelin engageait Rousseau à se rendre eu Angleterre : « A'ous y serez mieux à l'abri de Voltaire et de Genève, lui disait-elle. » Le philosophe objectait la dureté du climat; il aurait préféré habiter en P>ance, et il fit demander si on lui permettrait d'y revenir. On lui répondit que le décret de prise de corps pesait toujours sur lui et qu'on refusait de le révoquer.
(( De quelque côté que je me tourne, écrit-il à Mme de Verdelin, je ne vois que griffes pour me déchirei- et que gueules ouvertes pour m'engloutir. J'espérais du moins plus d'humanité du côté dé la France; mais j'avais tort; coupable du crime irrémissible d'être injustement opprimé, je n'en dois attendre que mon coup de grâce. Mon parti est pris. Madame, je laisserai tout faire, tout dire et je me taii-ai : ce n'est pourtant pas faute d'avoir à parler.... Repos, repos, chère idole de mon cœur, où te trouverai-je? Est-il possible que personne n'en veuille laisser jouir un homme qui ne troubla jamais celui de personne ^ ! »
\. 24 avril 17G5.