‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 235 sur 333 · février · texte numérisé non relu

février

Le canton de Berne ne se montra pas plus hospitalier que la France, et Jean-Jacques fut invité à ne pas s'y présenter. Son ouvrage y fut dénoncé comme hérétique, corrupteur du peuple, et on le condamna en « termes insultants ». A Berne, encore plus qu'à Genève, l'arislocratie. qui détenait le pouvoir, sévissait avec vigueur contre tout ce qui pouvait ébranler son autorité.

(( Je suis convaincu, disait Grimm, que si M. Rousseau avait écrit ce livre contre le canton de Berne, il aurait couru le risque de perdre la tète sur un échafaud, mais il savait bien ((ue les vingt-cinq tyrans de Genève, si entreprenants et si redoutables dans ses lettres, étaient effectivement de pauvres gens sans crédit et sans pouvoir auxquels on pouvait se jouer sans crainte'. »

Obtenir un asile en Hollande, on ne pouvait l'espérer : les Lettres de la montarjne venaient d'y être condamnées avec la dernière rigueur-.

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