‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 252 sur 333 · X février I Td · texte numérisé non relu

X février I Td

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Jean-Jacques vil (hiiis ccl incident une des preuves les plus évidenles de la persécution de Ferney; il confia SCS doléances au prince de Wirleniberg, en le laisanl juge de la malignité de son persécuteur. Le duc, sorte d'illuminé à la façon de Moultou. répondait :

(i En vérité, Monsieur, vous nie surprenez, vous m'affligez, et vous m'orraelicz journellonient des larmes. Comment se poiit-il que (anl d'injustices et de méchancetés se réiaussenl contre un seul homme, l'honneur de son siècle'/ Comment se peut-il enfin que la même main ait formé en même temps deux êtres si différents entre eux, dont l'un est l'image sacrée de la lumière et de la vertu, tandis que l'autre est un composé monstrueux de noirceur et de génie? Le procédé de M. de Voltaire à votre égard est l'action la plus perfide qui m'ait jamais saisi d'horreur, et quoique je ne connaisse pas le Serinon des cinquante, je m'en rapporte bien au choix qu'il aura fait puur vous noircir'.... »

Pendant les incidents que nous venons de raconter, la situation politique à Genève s'était de plus en plus aggravée. A bout de ressources, le Conseil lit appel aux puissances garantes, et des plénipotentiaires furent envoyés pour rétablir la paix. Le représentant de la France était le chevalier de Beautéville.

Le premier soin de Voltaire, dès l'arrivée du plénipotentiaire français, fut de lui rappeler qu'en 17r)8, M. de Laulrec- avait exigé l'iuslallation d'un théâtre

[. 16 mari 1764. Slrecla'i5eii-,Moiilloii. '2. P'énipoleiUiairc français.

dans Genève pendant tout le temps de la médialion; il l'encouragea à ne pas faire moins que son prédécesseur. M. de Beauteville, cédant à ses instances, fit témoigner au Magnifique Conseil le désir, qui, dans les circonstances, équivalait à un ordre, de voir une troupe de comédie s'établir à Genève. Le Conseil s'inclina, malgré les vives réclamations du clergé, el Voltaire, ravi de prendre enfin sa revanche de toutes les vexations que le Consistoire lui avait inlligées depuis dix ans, s'écrie dans la joie du triomphe :

(( Le théâtre est dans Genève! En vain Jean-Jacques a-l-il joué dans cette affaire le rôle d'une cervelle mal timbrée; les plénipotentiaires lui ont donné le fouet d'une manière publique. Quant aux prédicants, ils n'osent lever la tête ; lorsqu'on donne Tartufe, le peuple saisit avec transport les allusions qui les concernent'.... »

Trois ans après, le 29 janvier 1768, vers huit heures du soir, on vit tout à coup par un temps calme le feu s'élancer par les fenêtres du théâtre que l'on avait construit on 1766. En peu d'instants la toiture entière s'embrasa. Le peuple accourut au feu comme d'habitude, portant des seilles ou seillots pleins d'eau. Mais quand du haut de la Treille on découvrit ce qui brûlait, les citoyens versèrent tranquillement leurs seaux le long des rampes en disant : « Ah! c'est le théâtre qui brûle! que ceux qui l'ont voulu l'étei-

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