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A la sollicitation de Mme de Yerdelin, le duc dWiiinont fît obtenir à Rousseau un passeport pour traverser la France, avec l'autorisation de s'arrêter à Paris. Ce passeport était indispensable, car le décret de prise de corps lancé en 1762 n'avait pas été révoqué'.
Après avoir reçu à Strasbourg l'accueil le plus ilatleur, Jean-Jacques en part le 9 décembre et il arrive à Paris le 10; il descend chez Mme Duchesne, veuve de son libraire-, mais il n'y reste que quelques jours; cédant aux instances du prince deConti, il accepte l'hospitalité à l'hôtel Saint-Simon, dans l'enceinte du Temple'". Cette enceinte privilégiée élait en dehors de la juridiction du Parlement ; elle offrait un asile inviolable et l'on s'y trouvait à l'abri des lettres de cachet.
Avant de quitter Strasbourg. Rousseau écrivait au libraire Guy : « Je vous prie en grâce de ne pas annoncer mon arrivée, et de ne parler de moi à qui que ce soit. Si vous me décelez, je serai accablé de curieux \ » Il prévenait en même temps les quelques amis qu'il voulait voir que son intention formelle était de garder le plus parfait incognito, et il ajoutait même : « Si je pouvais le garder le reste de la vie, je serais le plus heureux des mortels". » Cependant, le lendemain même de son arri-
1. Le gouvernement voulut d'abord donner à Rousseau un passeport sous un nom supposé, mais les amis du philosophe refusèrent, sachant bien qu'il ne s'en accommoderait pas.
"l. Duchfesne était mort en ITOo; Guy. son associé, continuait son commerce.