i novembre 1765 à M. de Luze. [Inédite
VOITAIP.r F.T .l.-J. HOUSSKAU 459
vée, on le voil au Luxembourg rovrlu de son habil arménien. Étrange idée poui- un homme qui ne clierclie que l'isolement! La singularité du costume attire naturellement les curieux. Jean-Jacques est reconnu, et une énoiine affluence lui fait cortège.
Les jours suivants, il sortit à la même heure et dans le même accoutrement. La foule l'attendait et le suivait pendant toute sa promenade.
H était traité auTemjtle avec une magnificence extraordinaire; il y tenait une véritable cour, et tout ce que Paris comptait d'illustrations sollicitait une audience pour le contempler. Le prince de Conti lui envoyait même sa musique chaque malin : « Je suis ici comme Sancho dans l'Ile de Barataria, disait-il, en représentation toute la journée. J'ai du monde de tous états, depuis l'instant où je ino lève, jusqu'à celui où je me couche, et je suis forcé de m'habiller en public. Je nai jatnais tant souffert; mais heureusement cela va finir'. »
David Hume confirme l'extraordinaire engouement dont Jean-Jacques fut l'objet :
« Il est impossible, écrit-il à Blair, d'exprimer ou d'imaginer Tenthousiasme de la nation pour lui; tout le monde et particulièrement les grandes dames, me font des agaceries pour avoir accès auprès de lui. Si j'ouvrais une souscription en sa faveur, je recevrais en quinze jours cinquante mille livres steiling. J'avoue que mes relations avec lui ajoutent