‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 283 sur 333 · Mémoires de Mai'montel · texte numérisé non relu

Mémoires de Mai'montel

2. Essais de Mémoires sur M. Suard. .Mme Suard, qui raconte ccUe anecdote, la place six semaines après le dépari de Rousseau pour l'Angleterre. C'est une erreur manifeste ; d'Holbach n'a reçu la lettre de llumc

David ne s'était pas contente d'écriie à d'Holbacli , il avait prévenu d'Alcmbert en le priant de répandre l'aventure et surtout d'en aviser Voltaire : « J'oubliais vraiment de vous parler d'une grande nouvelle, écrit aussitôt d'Aleinbert au patriarche, c'est la brouillerie de Jean-Jacques et de M. Hume. Je me doutais bien qu'ils ne seraient pas longtemps amis : le caractère féroce de Jean-Jacques ne le permettait pas; mais je ne m'attendais pas à la noirceur dont M. Hume raccuse\ »

Le philosophe anglais envoya naturellement à Mme de Boufflers la copie du factum de Jean-Jacques. Elle lui répondit avec tristesse ;

« La lettre de Rousseau est atroce, c'est le dernier excès de l'extravagance la plus complète, et c'est l'impossibilité d'effacer une pareille faute qui fera le tourment de sa vie. Ne croyez pas pourtant qu'il soit coupable d'artifice ni de mensonge; qu'il soit un inqjosteur ni un scélérat. Sa colère n'est pas fondée, mais elle est réelle, je n"en doute pas-. »

Cette appréciation nous parait d'une parfaite justesse, et personne, à notre sens, n'a mieux jugé Rousseau que Mme de Boufllers. Elle sut garder dans cette querelle, où deux hommes qu'elle aimait étaient en jeu, une grande impartialité, et elle leur donna à tous deux des conseils empreints d'un rare bon sens. Elle ne dissimula pas à

qu'en juillet, c'est-à-dire six moits après l'arrivée de Jean-Jacques en Angleterre.

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