‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 318 sur 333 · Histoire du précédent écrit · texte numérisé non relu

Histoire du précédent écrit

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Il demanda un jour à Bcniaidin de Sainl l'ierre s'il n'irait pas, comme tous les gens de lettres, se présenter chez Voltaire : « Non, répondit l'écrivain, je serais trop embarrassé pour aborder un homme qui, comme un consul romain, a des peuples pour clients et des rois pour flatteurs. Je ne suis rien : je ne sais même pas tourner un compliment. » — « Oh! répondit Jean-Jacques, vous n'avez pas une idée convenable de Voltaire : il n'aime pas tant à être loué. Un jour, un avocat du Bugey l'étant venu voir, s'écria en entrant dans son cabinet : « Je viens saluer la lumière du monde. » Voltaire se mit à crier aussitôt : « Madame Denis, apportez les moucheltes. »

Rousseau parlait souvent de Voltaire avec ses amis, mais, paraîl-il, avec modération. Il aimait à rendre justice à la diversité de ses talents et à sa fécondité inépuisable. Quant à son caractère, il n'en disait que ces mots : « Je ne sache pas d'homme dont les premiers mouvements aient été plus beaux que les siens, mais la réflexion le rend méchant'. »

Le lendemain du jour où le patriarche fut couronné au Théâtre-Français, un des assistants, croyant faire sa cour à Rousseau lui raconta la cérémonie avec les plaisanteries les plus déplacées : « Comment, dit Jean-Jacques avec chaleur, on se permet de blâmer les honneurs rendus à Voltaire dans le temple dont il est le dieu et par les prèlres qui, depuis cinquante ans, y vivent de ses chefs-

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