I. Dussiiiilx
568 VOl TAIRE ET .I.-.I. ROUSSEAU
d'œuvro! Qui voulez-vous donc qui y soit couronné*? » Il est vrai que quand Bernardin de Saint-Pierre racontait que Montesquieu appelait Voltaire le Pantalon de la philosophie, Rousseau l'arrêtait pour lui dire : « Non, il en est l'Arlequin. »
Voltaire ne survécut que peu de jours à son apothéose du Théâtre-Français; il mourut le 50 mai 1778. Sa mort causa dans toute l'Europe une immense sensation. Le clergé s'opposa à l'inhumation, mais, grâce aux mesures prises par l'ahbé Mignot, neveu du philosophe, le corps fut honorablement enterré dans l'abbaye de Scellières. Après la mort du patriarche, on fit courir dans Paris cette épitaphe dont la paternité fut attribuée, sans preuves, du reste, à Rousseau.
Plus bel esprit que grand génie, Sans loi, sans mœurs et sans vertu, 11 est mort comme il a vécu, Couvert de gloire et d'infamie.
Jean-Jacques, qui prétendait ne pouvoir vivre en paix tant que Voltaire serait vivant, suivit de près dans la tombe son iriéconciliable ennemi. Le 2 juillet 1778, il mourut subitement à Ermenonville, chez M. deGirardin, dont il avait accepté l'hospitalité.
On a nié qu'il se fût donné la mort, mais, avec son caractère, l'hypothèse du suicide nous paraît de beaucoup la plus vraisemblable. Sa mort passa presque inaperçue.