‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 321 sur 333 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

5. Rousseau fut l'idole de la Révolution. Son Contrat social devint l'évangile des révolutionnaires; quand on déposait une motion à la tribune de l'Assemblée, il était essentiel de prouver d'abord qu'elle n'était pas en contradiction avec les principes de Rousseau. Thérèse Levasseur reçut de l'État une pension de 1500 francs.

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L'influence des idées françaises se fit sentir jusque dans la patrie de Rousseau. Le 3 janvier 1791, ses concitoyens demandèrent que le décret rendu autrefois contre lui fût aboli et que pour effacer l'outrage qu'il avait reçu on lui élevât enfin cette statue qu'il avait vainement demandée pendant sa vie. Le gouvernetrient réj)ondit aux citoyens (pie le décret prononcé en 1762 étant illégal, se trouvait par cela même frappé de nullité, et que mention en serait faite en marge de la délibération du Conseil qui avait condamné VÉ^nileK Quant à la statue, il engagea les Genevois à en élever une dans leur cœur, les assurant qu'il n'y en avait pas de plus durable.

En 1797), cependant, les Genevois érigèrent au milieu du bastion bourgeois une colonne de quarante pieds do haut sur laquelle était placé un buste de Rousseau'. De 1794 à 1798, on célébra chaque année la fête du Citoyen; en 1798, la République française s'étant emparée de Genève, la fêle cessa d'avoir lieu.

Le Directoire avait décidé d'élever un monument à Jean- Jacques dans le jardin des Tuileries, mais le Consulat survint et le projet fut abandonné. Une réaction s'opérait contre l'enthousiasme qui avait saisi la Révolution en faveur de l'auteur du Contrat aocial. Dès 1802, Bonaparte était sujiplié de purger la demeure destinée aux grands hommes et dt; traîner « l'urne infâme de Rousseau hors du temple des Dieux''. ))

Sous l'Empire, le Panthéon fut rendu au culte; on respecta cependant les tombeaux des deux philophes.

i. Voir page 205.

"2. En 1819, la promenado où ce bus le était placé fut convertie en Jardin des Plantes. On eu pmlita pour faire disparaître le buste. Mais en 1821 on en éleva un autre.

Z. Epitapbe de J.-J. Rousseau à placer sui- la porle du Panthéon, par A. J. Guvot. Germinal an X.

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S'il faut s'en rappoilci' au lécit jeproduit par Vlnlenncdiaire\ n aussitôt aprt's la rentréo, dos Bourbons à Paris au niois d'avril 18ii, les honinics du paiti royalistt» qui avaient le [ilus contribué à la Heslauration se préoccupèrent de la sépulture de Voltaire et regardèrent comme un ontrage à la religion la présence du corps de cet excommunié dans une église. » 11 fut décidé qu'on enlèverait sans bruit les restes de Voltaire et de Rousseau et qu'on les ferait disparaître. . Une nuit du mois de mai 1814, les ossements des deux piiilosophes furent extraits des cercueils de plomb- où ils avaient été enfermés; on les réunit dans un sac de toile et on les porta dans un fiacre qui stationnait derrière l'église.. . On arriva vers deux heures du matin, par des rues désertes, à la barrière de la Gare, vis-à-vis Bercy. Il y avait là un vaste terrain entouré d'une clôture en planches.... et qui appartenait à la ville de Paris. Les alentours étaient déjà envahis par des cabarets et des guinguettes. « Une ouverture profonde était préparée au milieu de ce terrain vague et abandonné.... On vida le sac rempli d'ossements sur un lit de chaux vive puis on rejeta la terre par-dessus, de manière à combler la fosse, sur laquelle piétinèrent en silence les auteurs de celte dernière inhumation de Voltaire. »

Ainsi rien ne put épargner aux restes de Voltaire et de Rousseau la suprême injure que ces deux philosophes avaient tant redoutée. Le public ignora cette profanation; les tombeaux restèrent en apparence intacts et tout le monde put croire qu'ils avaient été respectés''.

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