‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 328 sur 333 · I. Mémoires de Marinontel · texte numérisé non relu

I. Mémoires de Marinontel

ment pouvait être le plus cruel à son âme sensible » et ils ont cessé d'être hommes pour se dérober à son affection'.

En quoi donc Piousseau a-t-il si puissamment contribué au bonheur de l'humanité? Pour quelle grande et noble cause s'est-il dévoué?

Son amour ardent pour ses semblables se bornait à des utopies plus ou moins dangereuses, à des spéculations humanitaires plus ou moins chimériques, jamais il ne s'est abaissé jusqu'aux souffrances des infortunés qui imploraient son appui.

Voltaire ne parlait pas si souvent de son amour pour Ihumanité, mais il ne dédaignait ni les faibles ni les humbles et jamais l'opprimé ne fit en vain appel à sa protection. Il imposait des réformes pratiques et effectives; l'intolérance, la barbarie, l'injustice cédaient peu à peu sous les coups redoublés qu'il leur portait. Quand il prenait en main la cause d'un infortuné, il s'y donnait tout entier; temps, argent, crédit, il prodiguait tout jusqu'à ce qu'il eût triomphé. C'est ainsi qu'en dépit de toutes les résistances sociales et religieuses il parvenait à son but. Jusqu'à la dernière j heure de sa vie il a lutté contre l'iniquité, et quel que soit] le jugement que l'on puisse porter sur certains de ses! écrits, on ne peut méconnaître la générosité de son cœur. \

Qu'on cite dans la vie de Rousseau un acte comme la léhabilitation de Calas, de Sirven, de Lally-Tollendal, etc. !

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