‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 329 sur 333 · Première iiromenade · texte numérisé non relu

Première iiromenade

VOMAIRI'! r.T J.-.I. liOrSSEVU 589

A en croire Rousseau, personne n'a été plus odieusement calomnié que lui; ses contemporains l'ont dit méchant et l'éroce, son seul crime a été de n'èlre pas faux et perfide comme eux', la patience, la douceur, la résignation, l'intégrité, la justice impartiale sont au nombre de ses moindres vertus".

Des esprits prévenus ont osé l'accuser d'avoir été un père sans entrailles : « Je comprends, dit-il, que le reproche d'avoir mis mes enfants aux Enfants-Trouvés a facilement dégénéré avec un peu de tournure en celui d'être un père dénaturé et de haïr les enfants". » Ne fallait-il pas en effet une rare malveillance et bien de la tournure pour porter une semblable accusation contre l'homme qui se croyait la synthèse de toutes les vertus humaines?

Lui-même s'est chargé de réfuter cette calomnieuse imputation :

« Si je me trompai dans mes résultats, dit-il, rien n'est plus étonnant que la sécurité d'âme avec laquelle je m'y livrai. Si j'étais de ces hommes mal nés, sourds à la douce voix de la nature, au dedans desquels aucun vrai sentiment de justice et d'humanité ne germa jamais, cet endurcissement serait tout simple; mais cette chaleur de cœur, cette sensibilité si vive, cette facilité à former des attachements, cette force avec laquelle ils me subjuguent, ces déchirements cruels quand il faut les rompre, cette bienveillance innée

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