‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 47 sur 333 · Giinnn et la coterie holLachique · texte numérisé non relu

Giinnn et la coterie holLachique

VOLTAIRE ET J-J. KOUSSEAU 97

ce (ju'ello avait commencé. Troncliin, (|irils iieuioiil pas de peine à j,^agi»er, les seconda puissamment, et devint le pins fnrieux de mes perséculeurs, sans avoir jamais eu de moi, non plus que (Irinnn, le moindre sujet de plainte. Tous trois d'accord semèrent sourdement dans Genève le germe (ju'on y vit êclore quatre ans après*. »

Jean-Jacques venait en effet de se brouiller avec Tioncliin. mais personne naturellement n'avait eu besoin d'inlervcnir.

Aflligé de cette monomanie de la persécution (jui le suivit jusqu'à sa mort, ne repondait-il pas aux conseils amicaux du docteur « qu'il en usait avec lui comme on en use dans l'interrogatoire des infortunés ([u'on défère à l'inquisition », ne lui parlait-il pas de délateurs secrets, de mémoires sur lesquels il le jugeait sans l'entendre, toutes choses qui n'existaient que dans son cerveau malade! Troncliin, dont le diagnostic n'était pas en défaut, lui répondait :

« Si vous vous portiez bien, l'encre dont vous vous servez serait moins noire, les malveillants que vous supposez disparaîtraient, vous ne vous reprocheriez point les éloges que vous avez donnés à votre patrie, vous n'imagineriez point qu'elle n'en est pas digne-.»

Mécontent de ces affectueuses paroles qu'il regarda comme des offenses, Rousseau rompit toutes relations avec son ami et à partir de ce jour se plut à le considérer comme un ennemi acharné.

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