‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 49 sur 333 · Correspondance littéraire, juin · texte numérisé non relu

Correspondance littéraire, juin

de la réponse et souligna finement au philosophe la bévue qu'il venait de commettre.

« Il est vrai, lui dit-elle, que le prince désapprouve votre trop de délicatesse, et, quoique bien éloigné delà soupçonner hii-mème, il craint que d'autres ne la taxent d'affectation. C'est une accusation à laquelle vous devez prendre garde de donner lieu, dans la crainte qu'elle n'obscurcisse l'éclat de votre vertu, et qu'elle ne l'empêche de produire tout l'effet dont elle serait capable sans cela^ »

Mais pendant que Rousseau repoussait avec ostentation les cadeaux de ses amis, Thérèse, à son insu, non /seulement les acceptait, mais au besoin tendait la main. Aussi bien chez Mme de Luxembourg que chez Mme d'Epinay, elle ne cessait de montrer pour elle et les siens une basse avidité.

, Les changements de résidence, les querelles avec Mme d'Epinay, Grimm et Diderot, bien loin d'atténuer l'irritation de Rousseau contre le châtelain de Ferncy, n'avaient fait que la surexciter. Voltaire était-il informé de ce déchaînement contre lui? Il nous parait difficile qu'il pût l'ignorer-; le citoyen ne ménageait pas ses expressions dans sa correspondance, il ne se montrait pas plus réservé dans ses paroles: comment supposer que ni de Paris ni de Genève Voltaire n'ait été averti par ces amis officieux qu'on trouve toujours en pareille occurrence !

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