‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 5 sur 333 · décembre · texte numérisé non relu

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chelieu, et la souplesse courtisane qu'on lui connaît l'obligeait à beaucoup d'égards pour un nouveau venu, jusqu'à ce qu'il connût mieux la mesure de son crédit*. »

Rousseau s'illusionne. Il n'était pas besoin de souplesse courtisane pour répondre poliment à une lettre presque obséquieuse, et Voltaire, dont Tintiniité avec le maréchal de Richelieu dalait de plus de vingt-cinq ans, ne devait pas se sentir bien menacé par le petit Rousseau, comme on l'appelait alors, vu l'exiguïté de sa taille.

Et ce qui prouve à quel point le nouveau venu devait peu lui porter ombrage, c'est que la pièce fut répétée, que Mme de la Popelinière reprocha à l'auteur d'avoir composé une musique d'enterrement^ et que Richelieu abandonna son protégé sans plus se soucier de lui que s'il n'avait jamais existé. Le maréchal agit même en très grand seigneur et négligea de payer le malheureux Jean- Jacques, qui, « la mort dans le cœur, épuisé de fatigue et dévoré de chagrin », en resta six semaines malade.

Il avait fondé en effet de grandes espérances sur ses compositions musicales; désespéré de cet insuccès, il se résigna, car il fallait vivre, à entrer en

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