LE PRÉSIDENT DE JARIGES
intimesavec M. !e président de Jariges, depuis chancelier, il me pria de lui parler de son affaire et de la recommander. Je lui répondis ce que je crus convenable; après traversant le premier poêle avec la même précipitation , il aperçut ma fille aînée, alors dans sa quatrième année, qui roj'ardoit les diamans de sa croix de mérite : brillantes bagatelles, mon enfant , lui dit-il; puis il disparut *.
Le poète n’eut qu’à se louer, c’est à croire, des procédés de M. de Jariges; au moins ne parle-t-il de lui qu’en termes excellents. Et, le procès achevé, il ne laissera échapper aucune occasion de se rappeler à son souvenir. « Je vous supplie, écrivait-il à Formey, à la date du 30 avril, d’assurer M. de Jariges des sentiments que je conserverai toujours pour lui2 ; » et plus tard encore : « Je vous prie de faire souvenir de moi M. le président de Jariges, dont je révère les lumières et l’équité, et pour qui j’ai autant d’amitié que d’estime3. »
Voltaire niait et devait nier la destination que le juif attribuait, dans ses dépositions, aux fonds qui lui avaient été remis. Mais , si le juif mentait, quelles étaient les intentions du poète, quel emploi comptait-il donner à son argent? 11 répond qu’il avait dépêché Hirsch en Saxe pour une affaire de diamants et de fourrures, sans, toutefois, arriver à fournir aucune explication satisfaisante sur cette prétendue négociation. Dresde n’était pas d’ailleurs, comme, le remarque
t. Formey, Sowrnir* d’un citoyen (Rerlin, 1789), 1. 1, p. 23!, 233,
2. Ibid., 1. I, p. 238. Lettre de Voltaire A Formey; à l’undam, 30 avril, si je no nie trompe.