‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 112 sur 431 · VENTE SURFAITE DE BIJOUX · texte numérisé non relu

VENTE SURFAITE DE BIJOUX

terminé Voltaire, malgré tous les périls d’une enquête judiciaire, à actionner le juif, ç’avait été, comme on l’a dit, l'appréhension de ne jamais rentrer dans des valeurs qu’on ne se hâtait point, en tous cas, de rembourser, et dont le chiffre ne laissait pas d’être considérable. Mais ce n’était pas le seul grief qu’il crût avoir contre l’honnête israélite. Cette acquisition de diamanls qui n’avait eu d’autre but que d’acheter le silence de Hirsch, s’était faite, de la part du poète, avec une précipitation irréfléchie dont le marchand n’avait eu garde de ne pas abuser; du moins, est-ce ce que l’on ne réussit que trop aisément à lui persuader. Cinq metteurs en œuvre, auxquels il donna à estimer ces bijoux, en déclarèrent la valeur surfaite de près d’un tiers. Il est vrai que ces experts dépendaient d’Éphraïm, le rival et l’ennemi de Hirsch, et avaient bien pu servir les ressentiments de celui qui les faisait vivre. Hirsch, d’ailleurs, répliquait avec assez de fondement que ces bijoux avaient été antérieurement estimés par le joaillier Reklam (17 décembre), et vendus sur son évaluation ; et, conséquemment, que l’acquéreur n’avait pas à revenir sur une affaire où il avait rencontré toutes les garanties qu’il pouvait souhaiter. « Il est très-probable, dit encore M. Klein, qu’au début Voltaire, pour satisfaire Abraham Hirsch, qui avait fait pour lui le voyage de Dresde, et pour lui fermer la bouche sur l’affaire des bons saxons, avait acheté des bijoux dans des conditions avantageuses au défendeur. Plus tard, le demandeur se sera repenti de ce marché, et les insinuations d’autres personnes y auront peut-être contribué. En un mot, il préférait l’argent aux bijoux,

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