HYPOTHÈSE
et, pour atteindre son but plus sûrement, il est à supposer qu’il procéda à l’altération des écritures1. »
A tort ou à raison, Voltaire se croyait dupé : on lui avait dit et répété que les diamants lui avaient été vendus huit cents réaux au-dessus de leur valeur*; il ne faudrait pas le connaître pour n’être point convaincu que sa pensée constante dut être dès lors de faire rendre gorge à son voleur. Il s’estimait dans son droit, et peut-être trouva-t-il que tous les moyens étaient bons avec un juif. L’appréciation des experts fut loin de satisfaire le tribunal 3 ; on parle de la rapidité avec laquelle la pièce incriminée fut écrite, et c’est la seule
1. Ferdinand Klein, Annalen der Gesetzgebung (Berlin, 1790), t. V, p. 34 7 •
2. Voir la note que Voltaire à mile au bas de la pièce AA (facsimilé.)
3. Le fac-similé de la pièce dont il est question, et qui est toute la curiosité du procès, a été joint ici, de façon à ce que le lecteur pût se rendre compte des doutes auxquels il donna lieu; il était d'ailleurs indispensable de l'avoir sous les jeux pour comprendre l'argumentation des experts. « Que le mot « taxables, a nous dit-on, ait subi un changement, c’est ce que démontre le simple regard. La dernière syllabe porte les empreintes de ce changement. Dans le dernier «, le dernier et le plus épais des traits, paraît n’avoir été ajouté que postérieurement , et 11 est permis de penser qu'il y ait eu un é à sa place ; seulement l'accent au-dessus de IV manque , et quoiqu'il semble que cet accent soit recouvert par /, cette lettre est trop éloignée de IV pour qu’on puisse supposer que le trait au-dessus de l soit )e reste de l’accent appartenant à le. Il nVsl cependant pas impossible que Voltaire, dans la rapidité avec laquelle il avait jeté sur le papier cet écrit, ait mis l’accent à quelque distance de la lettre à laquelle il appartient. » Klein, Annalen dtr Gesetzgebung , t. V,p.245,246. On insista sur l’existence manifeste de deux encres; c’est co que le spécimen n'a point indiqué, et nous n’avons rien à dire à cet égard. Quant à ce second a, qui pouvait bien être un e dans l’origine, c’est ce que nous ne pouvons admettre, pas plus que l'existence d'un accent è la distance où il eût été relégué. Si l’on fait lant que de vouloir que Vol-
^<*y V&éikc JL>m P&JSpïPbJtcjz* cïUtsjjyltL,
/2>u*ï* ckc^c, Pe^^j
' f) * ’, / . <f^r*Stlfi;è4^/i>7t/, .
JlOtlY U+y
/& P iATru*HdTj£y £zL4CadfeS
pra4*P&' fttï^vvaSvcfytu* 1 1 <^6» Sf fn 4