‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 138 sur 431 · LESSING · texte numérisé non relu

LESSING

mann1. Il élait toul naturel que le secrétaire de Voltaire, qui savait l’état précaire de sou ami , songeât à lui de préférence : l’offre, d’ailleurs, ne pouvait être que bien accueillie ; toul en assurant pour quelque temps son existence, elle satisfaisait l’un des désirs les plus ardents de celui-ci en l’introduisant auprès du célèbre écrivain. Ce jeune homme de vingt-deux aus, qui, plus tard, devait jouer un râle si considérable dans la littérature de son pays, mais alors obscur et parfaitement inconnu, était Lessing. Pour nous, qui sommes au fait de la révolution littéraire dont il sera l’actif et passionné coryphée, n’y a-t-il pas quelque chose de providentiel dans le hasard étrange qui met en rapport ces deux hommes si différents par les idées, par les tendances et le but; car, pour la trempe de l’esprit, l’analogie est frappaute?

Lessing est donc introduit chez l’auteur de la Henriade , alors installé au château royal, dans les appartements de la tour. Voltaire, qui avait plus d'une affaire, prit peu d’attention au modeste traducteur; et, la besogne terminée, apparemment l’eût-il vite oublié sans une circonstance qui, durant quelques jours, le rappela nerveusement à la pensée du poète. Lessing commença par le respect et l’admiration ; il savait que le Siècle de Louis XIV venait d’être achevé, il insista, pressa tellement, que Richier, cédant à scs importunités, lui confia pour la parcourir la première partie de l’ou-

1. Celle maison, qui porte aujourd'hui le n" 10, a élé reconstruite depuis quelques années. La physionomie en a été conservée, dans un dessin qu’elle a fait graver, par une lainille omlo de Lessing , le® David Kriedleander.

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