SON MANQUE DE JUOEMENT
souvenant que pour les faire oublier à ceux auxquels il parle. Refusons-lüi tout; mais il avait l’urbanité, le savoir-vivre. Ses contemporains sont unanimes à reconnaître en lui ces vertus sociales qu’il avait, tout enfant, appris à- pratiquer dans l’intimité et le commerce des plus grands seigneurs et de la meilleure société de son temps. Que l’auteur de la Hcnriade ait adressé quelques questions à La Beaumelle sur son séjour à Copenhague et son voyage en Prusse, cela est présumable ; ce dut être, en tous cas, avec les marques extérieures de l’intérêt qu’un homme de son âge pouvait témoignera un jeune homme de vingt-cinq ans qui a son avenir encore à faire, en admettant qu’il ait tous les dons d’intelligence et d'entregent qui forcent la fortune.
On lui a demandé s’il avait des desseins sur la place de La Meltrie, et lui de nous dire qu’il avait un objet un peu plus relevé. Quelles étaient donc ses visées? Car La Meltrie, digne ou indigne, avait une assez bonne situation auprès de Frédéric, et nous ne voyons pas à quoi pouvait aspirer de plus élevé le professeur de Copenhague. Et remarquez qu’entre lui et Voltaire tout doit marcher de pair. « Il me parla de son Siècle de Louis XIV, je lui parlai de mes Lettres de Maintenon. » Avec un peu de bon sens, La Beaumelle eût compris le ridicule qu’il se donnait. En somme, il est content de lui, de la prudence, de la modération, de la magnanimité même dont il a fait preuve. Enclin à tout pardonner (c’est lui qui nous le dit), il défend, il excuse Voltaire contre l’impression fâcheuse que lui ont laissé « la perfidie de sou sourire, l’inégalité de son