‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 202 sur 431 · COMPLOT POUR LE PAIRE PARTIR · texte numérisé non relu

COMPLOT POUR LE PAIRE PARTIR

néiint, qui voulait et savait être instruit de tout, et eût châtié inexorablement un abus de confiance comme celui-là? Mais on ne se fût pas contenté d'évincer La Beaumelle; Darget eût poussé la folie jusqu’à écrire au nom du roi des choses que le roi « n’a pu ordonner ! » Encore un coup, qui donc La Beaumelle espérait-il persuader?

A l’entendre, ce sont, de tous côtés, les mêmes souterrains pour l’effrayer et le décider à déguerpir. C’est le chevalier de Saint-André, qui le prévient que son départ est résolu, et que le roi s’en était expliqué catégoriquement à la table de la reine mère. Même propos attribué au prince de Prusse et qui était chnri-' tablement redit à La Beaumelle. Mais tout cela ne l’intimide point et n’est qu’un piège, dans lequel il n’est pas assez simple pour tomber. L’inspirateur de ces manœuvres, c’était Voltaire, Voltaire avec lequel, pourtant, malgré de pareils griefs, il agira en politique qui sait se contenir, attendre le moment opportun d'éclater et jusque-là sourire à l’ennemi.

Quelqu’irrité que je fusse do ces procédés, que j’attribuois avec raison à M. de Voltaire et à son parti, je crus qu’il éloit inutile de rompre entièrement avec lui, je crus qu'il convenoil de le ménager. On désarme un tigre en le caressant. J'allai le voir le 3 de janvier 1752 avec M. de La Lande, le même qui à, 20 ans, sans cabale, sans femmes, e.-t entré dans un corps, où il est fort glorieux d'entrer à 00 '. Il fut témoin de l’accueil de Mr. de Yol-

I. « La Lande avait été, nous dit Maupertuis, envoyé par le ministère de France pour Taire à Rprlin les observations de la lune correspondante» à celles que faisoil M. l'abbé de la Caille nu eap de Ronnc- Espérance. » OEuvres de Vauprrtuix (Lyon, 1Î08), t. III, p. 330. Il arriva A llerlin, lin septembre, comme nous l’apprend la Gazelle d’Virecht du vendredi 8 octobre 1751 (n° I XXXI) suppl.

Page 1