‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 225 sur 431 · APPLAUDISSEMENTS UNANIMES · texte numérisé non relu

APPLAUDISSEMENTS UNANIMES

2fif>

niers de convenir qu’il laissait loin derrière lui le piteux Catilina du vieux Crébillon.

Il n’y a ppul-être pas de pièce de M. de Voltaire, nous dit un chroniipieur tout au moins désintéressé, plus radieuse que celle-ci. Qu'on ne dise plus que son feu s’est éteint : je revois tout l’éclat de son coloris; tout le monde rend justice aux détails; on prend sa revanche sur le plan : plan ou détails. M. de Crébillon n’a pas beau jpu. Le rôlo de Cicéron a été universellement applaudi; relui de Catilina lui est entièrement sacrilié; celui d'Aurélie, femme de Catilina, a do grandes beautés; lo plus brillant do tous est celui de César; je par le toujoursd’après l'impression générale. J’ai vu des ennemis de l’auteur maigrir de scène en scène à la seconde représentation : on dit qu’ils reprennent chair, et de quinze jours la conversation ne languira '...

Mais ce ne fut pas encore ce concours, cette affluence, dont Zaïre et Mérope avaient été l’objet. Et l’ami d’Argentol, toujours prudent, toujours soigneux, donnait au poète le conseil de revoir et de refondre

1. Clément, Les cinq Années littéraire » ou Nouvelles littéraires des années 1748-175?» I. IV, p. Il, 12; mars 1752. Lord Chegterfluld écrivait, en juillet 1750: « Home sauvée ne réussira peut-être pas non plus. Voltaire veut sc faire des règles nouvelles, et la mode, ch ex voua encore plua qu’lci, décide dea omrages des poules comme de ceux des marchanda. Je suis sûr pourtant que son Cicéron ne ressemblera guère à celui de Crébillon, qui dans le plus bel endroit de sa vie est un Imbécille. Enfin, quoi qu’en dise votre public, tout ce que Voltaire fait me churme. Toujours les plua beaux \er.s du monde» et dca pensées brillantes et justes; je n’en demande pas davantage : Non paucis offtndar macnlis. m Miser Uaneous Works of lord Chesler/ield trilh Dr Maty's Mémoires of his LmdsUip's life (London, 1 77 7 ), t. Il, p. 240. Lettre «lo Cheslerfield à madame *** ; à Londres, ce 25 juillet 1750. Il disait 5 son fds, deux ans après : «Je souhaite fort délire la Rome sauvée de Voltaire, qui, je suis sûr, sera île mon goût, précisément pour les fautes que vos critiques séières y ont trouvées... Voltaire n’a réellement point d’égal.» Lord ChegtcrOeld, Lettres ù son fils Stanhope (Amsterdam, 17 7 7), l. 111. p. 327 ; Londres, ce 5 mars 1 7 52.

Page 1