‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 241 sur 431 · AFFECTATIONS D’ORIGINALITÉ · texte numérisé non relu

AFFECTATIONS D’ORIGINALITÉ

manquoit de soin quo pour ces sortes de choses; et quand il s’agissoit de soutenir l'honneur de la galanterie Françoise, il n’épargnoit rien pour les fêles et pour les bals. Aussi le bruit do ces fêtes se répandit de l’une à l’autre rive du golfe de Bothnie. Les gens qui vouloient se bien divertir venoient à Tornéo, et il y vint une très-honnéle demoiselle do plus de 30 lieues exprès pour voir les philosophes françois '.

Si ce récit n'a rien de bien exact, ce n’est pas que l’auteur n’ait été suffisamment édifié sur la vie intime de nos modernes Argonautes. Le petit écrit auquel nous l’empruntons, est un persiflage à fleur de peau qui éraillé Maupertuis sans lui faire grand mal et si bénignement, qu’en fin de compte, il passe pour être de lui. C’était là une des mille finesses de l’illustre géomètre pour dérouter l’ennemi et lui donner le change, et il lui arrivera plus d’une fois de répéter la même manœuvré. C’était encore un moyeu de fixer l’attention, et, avant tout, Maupertuis voulait qu’on parlât de lui. Cette Finlandaise qu’il amenait à Paris1 2, ce nègre Orion qui ne le quittait pas, cet extérieur étrange, celte perruque ronde et courte, formée de cheveux roux et de crins poudrés en jaune qui couronnait sa tête3, tenaient en éveil la curiosité, et il ne demandait pas autre chose.

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