MAUPERTUIS POETE
Jusqu'au ferrie polaire.
Dieux 1 qui croirait Qu’en cet enilroit On eût trouvé Cythère ?
Et ce madrigal à la gloire encore de sa microscopique maîtresse :
J’avois perdu Christine dans la neige;
Amour, voulois-lu m'éprouver?
Christine dans la neige, hélas I comment pouvois-je Espérer de la retrouver?
En vain de tous cotés j’avois cherché ses charmes J'étois transi de douleur et de froid,
Quand mes yeux à travers mes larmes Aperçurent certain endroit
Où la neige sembloit et plus blanche et plus fine.
J’y courus; c’étoit ma Christine '.
Nous trouvons, dans uuc petite brochure, dont l’auteur n’eut garde de se nommer toutd’abord, des détails sur ce séjour à Tornéa, qui, s’ils n'étaient une plaisanterie, révéleraient nos savants sous un aspect assez différent de celui sous lequel ils nous apparaissent.
Les compagnons de M. de M., à l’exemple de leur chef, prirent chacun des maîtresses, et chacun bientôt n’eut d'autre astre à observer que sa Christine. La franchise et la liberté qui règne dans ces climats et la complaisance des habitans, introduisirent bientôt à Tornéo les mœurs de la France; il n’v resta de la Lapponio que le peu de souci pour les observations et pour les calculs. Ce n’étoit tous les jours qu’assemblées, qud bals, que colin-maillards. Ceux (pii ont reproché à M. de M. d’avoir pendant ce voyage laissé manquer ses compagnons et lui des choses les plus nécessaires, comme de pain, de vin, etc., dévoient du moins lui rendre la justice d’avouer qu’il ne
1. Société îles Bibliophiles fronçais (1829), t. VI. I.ellri! de MaupcrtuD h madame de Verleillac; de Pctlo, C> avril 1787, Ji. 9.