IV
2ÿQ CASSINI reconnaît son erreur.
cela est piquant, et, n’était la cruauté de la satire, il n’y aurait qu’à battre des mains. Cassini, et c’était assez naturel, avant d’abaisser pavillon , voulut qu’il ne subsistât nuis doutes pour lui et pour les autres; il représentait d'ailleurs tout un parti qui n'était pas composé de sots, et parmi lesquels nous signalerons Mairan et Fontenelle. Maupertuis, après s’être allé retremper quelque temps dans sa ville natale, était revenu à Paris, avec l’intention de déloger l’ennemi de ses derniers abris. Il proposa de vérifier la mesure astronomique de Picard avec le même secteur dont il s’était servi au pôle, et de graves méprises furent constatées dans le travail de cet abbé. Cassini, se défiant un peu tard de l’exactitude de la base de celui-ci, la remesura jusqu’à cinq fois, et la trouva trop longue d’une toise par mille ; il reprit à nouveau ses expériences et ne réussit qu’à donner raison dans son esprit aux mesures de Maupertuis1. 11 se soumit alors, comme on l’a dit déjà, et convint de son erreur avec une simplicité qui avait sa noblesse, et qui eût dû fléchir ses adversaires.
Ce que nous en avons cité plus haut suffit et au-delà pour juger cette satire peu bénigne, lancée contre des confrères dont la longanimité bien connue méritait plus de ménagements. Toute cette dynastie des Cassini (car chez eux, comme chez les Bernouilli, les sciences semblaient être un patrimoine de famille) joignait à l’aménité italienne une sorte de candeur primitive qui