‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 251 sur 431 · LE COUREUR DE MOLWITZ · texte numérisé non relu

LE COUREUR DE MOLWITZ

ter à ses triomphes. Avant d’être géomètre, n’avait-il pas été mousquetaire? 11 enfourche un cheval de combat et chevauche aux côtés du roi. Ce n’est paë tout à fait ce que raconte Voltaire. « Maupertuis, qui avait cru faire une grande fortune, s’était mis à la suite dans cette campagne, s’imaginant que le roi lui ferait au moins fournir un cheval; ce n’était pas la coutume du roi. Maupertuis acheta un Ane deux ducats le jour de l’action, et se mit h suivre Sa Majesté sur son Ane du mieux qu’il put1 2. » Glorgau et Brieg étaient pris, et l’armée allait de conquêtes en conquêtes, quand l’ennemi, commandé par le comte de Neuperg, vint opposer un front formidableà ces victorieux qu’il était temps d’arrêter. Cette bataille de Molwitz, si elle fut gagnée par les Prussiens, fut perdue par le roi que le maréchal de Schwerin, plus qu'inquiet sur le succès de la journée, décida à s’éloigner. C’était un singulier début pour un prince, dont l’intrépidité est hors de doute et qui se ménagea si peu dans la suite. « Dès le premier choc, dit encore Voltaire, le roi, qui n’était pas accoutumé à voir des batailles, s’enfuit jusqu'à Opeleiin, A douze grandes lieues du champ où l’on se battait. » Ce qui lui valait le surnom injurieux de coureur de Molwitz. Il ne tardera pas, il est vrai, à entasser revanches sur revanches, et cette petite mais cruelle plaisanterie perdra bientôt toute signification. Malgré cela, Frédéric ne pardonna jamais à Schwerin une violence excusable à la quelle il n’avait que trop aisément cédé a.

1, Voltaire, Œuvres complètes (Beuehot), t. XL, p. 59. Mémoires pour servir à la vie île M. de Voltaire, écrits par lul-métne.

2. Dieudonné Tlilébault, Souvenirs Je vingt ans Je séjour it Berlin

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