DK L’ÉTENDÜB ET DE LA PIERRE PHILOSOPHALE
teraont ou do détresse, qui est son état naturel. » Le candidat s’est mal exprimé. Il voulait dire apparemment que chacun revient à son caractère ; qu’un homme, par exemple, après s'ôlre efforcé do faire le philosophe, revient aux petitesses ordinaires, etc. Mais des vérités si triviales no doivent pas être redites : c'est le défaut de la jeunesse de croire que des choses communes peuvent recevoir un caractère de nouveauté par des expression obscures.
4° Le candidat se trompe quand il dit que l’étendue n’est qu'un# perception 1 2 3 do notre âme. S’il fait jamais de bonnes études, il verra que l'étendue n’est pas comme le son et les coulours qui n'oxislent que dans nos sensations, comme le sait tout écolier.
5° A l'égard de la nation allemande, qu'il vilipende * et qu’il traite d'imbécile en termes équivalents, cela nous parait ingrat et iujuste ; ce n'est pas tout do se trompor, il faut être poli : il so peut faire que le candidat ait cru inventer quelque chose après Leibnitz ; mais nous dirons à ce jeune homme que ce n’est pas lui qui a inventé-la poudre.
G» Nous craignons que l’auteur n’inspiro à ses camarades quelques petites tentations de chercher la pierre philosophale :
« car, dit-il, sous quelque aspect qu'on la considère, on ne peut en prouver l’impossibilité *. » Il est vrai qu'il avoue qu’il y a de la folio à employer son bien à la chercher ; mais comme, en parlant de la somme du bonheur, il dit qu’on ne peut démontrer la religion chrétienne, et que cependant bien des gens la suivent, il so pourrait, à plus forte raison, que quelques personnes se ruinassent à la rechorche du grand œuvre, puisqu’il ost possible, selon lui, de le trouver.
7" Nous passons plusieurs choses qui fatigueraient la patience . du lecteur cl l’intelligence do M. l’inquisiteur; mais nous croyons qu’il sera fort surpris d’apprendre que le jeune étudiant 4 veuille absolument disséquer des cerveaux de géants hauts de douze pieds, et des hommes velus portant queue, pour sonder la nature de l’intelligence humaine; qu’avec de l’opium et des
1. Maupertuis, OEuvres (Lyon, 1758), t. Il, p. 232. Lettre IV, Sur la manière dont nous apercevons.
2. Ibid. , t. Il, p. 258, 259, 260. Lettre VII, Sur les systèmes.
3. Ibid., t. II, p. 349, Lettre XX, Sur la pierre philosophale.