JUOEMENT DES PROFESSEURS DE LA SAPIENCE
mot « selon l’usage, » aux révérends professeurs de philosophie du collège de la Sapience, d’examiner les œuvres et les lettres du jeune inconnu, et de lui en rendre un compte fidèle. Suivent le jugement des professeurs et l’examen des Lettres. Ces deux pièces, la dernière surtout, sont des modèles de verve, d’infatigable raillerie et de suprême insolence. On ne peut aller plus loin, sans sortir des extrêmes limites Concédées au genre, et dire avec plus de malice, de légèreté et d’à-propos, les énormités qui s’accumulent sous cette plume infernale.
i° Il faut d'abord, déclarent les docteurs do la Sapience, quo le jeuno auteur apprenne que la prévoyance 1 2 3 n’est point appelée dans l'homme prévision; queco mol prévision est uniquement consacré à la connaissance par laquelle Dieu voit l’avenir. Il est bon qu’il sache la force des termes avant de se meltro à écrire. 11 faut qu’il sache que l'àme no s'aperçoit point elle-même : elle voit des objets et ne se voit pasj c’est là sa condition. Lejeune écrivain pout aisément réformer ces petites erreurs.
2° Il est faux que a la mémoire nous fasse plus perdre que gagner’.» Le candidat doit apprendre que la mémoire esl lafaculté de retenir des idées, et que sans cette faculté on ne pourrait pas seulement faire un mauvais livre, ni même presque rien connaître, ni se conduire sur rien, qu’on serait absolument imbécile: il faut que ce jeune homme cultive sa mémoire.
3° Nous sommes obligés de déclarer ridicule cette idée * que * l'âme est comme un corps qui se remet dans son état après avoir été agité, et qu’ainsi l’âme revient & son état de conten-
1. Maupertuls, Œuvres (Ljon, 1768), t. U, p. 222. Lettre II, Sur le souvenir et ta prévision.