VOLTAIRE S’ENGAGE A LUI RÉPONDRE
grands développements et grands commentaires peu charitables. Au sentiment môme de Formey, qu’il faut croire ici sur parole, le poëta n’avait pas autrement intention de lui attirer une affaire ; l’article du ministre évangélique n’était qu’un instrument qu’il allait utiliser pour parvenir à ses fins. Il manifesta son intention de riposter, et demanda aussitôt un privilège pour l’impression et la publication d’une répbque qui vaudrait l’attaque, ce qui lui fut accordé sans difficulté et sans le soupçon le plus vague de l’usage ténébreux qu’il en comptait faire.
Contrairement à toute vraisemblance, l’auteur de la Réponse (F un académicien de Berlin et celui de la Lettre d'un académicien vivaient comme devant, profilant d’un incognito qui était le secret de la comédie, pour demeurer, en apparence du moins, dans les mômes termes cordiaux et affectueux. Maupertuis se montrait rarement aux soupers de Frédéric ; et, en ce moment il était cloué sur son lit de douleur, comme ou l’a dit déjà, par une maladie sérieuse, qu’aggravaient encore les chagrins et les humiliations, et c’était à quoi faisait allusion le second académicien dejlerlin, à propos du pamphlet de son prétendu confrère. « Mais quel temps pensez- vous, monsieur, que ces gens ont pris, pour attaquer notre président ? Vous croyez, sans doute, qu’en braves champions ils l’ont provoqué au combat pour se battre àarmes égales? Non, monsieur : apprenez à connaître la lâcheté et l’indignité de leur carac-
la li&to de l'improvisation. Sa fécondité ne hit permettait guère d’clrc correct, et Mérian, dans l'éloge qu’il lit de lui, le blâma avec trop de fondement d’avoir « toujours écrit ù tire de plume, a