‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 308 sur 431 · BILLET DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

BILLET DE FRÉDÉRIC

Si l’âme de vos nerfs demeure dans un état de quiétudo, je serai charmé de vous voir ce soir*...

Nulle trace ici de secrète amertume. L’on sourit, l'on plaisante, l’on est plein de bienveillance. Et l’infatigable poète d’envoyer de nouveaux articles, de nouvelles esquisses philosophiques. «En qualité de théologien de Belzébut, oserai-je interrompre vos travaux par un mot d’édification sur l’ Athéisme que je mets à vos pieds? j’ai choisi ce petit morceau parmi les autres, comme un des plus orthodoxes *. » Frédéric, comme toujours, accuse réception. Il faut citer sa réponse, où se mêlent, d’ailleurs, des allusions aux circonstances présentes, trop significatives pour échapper au moins attentif.

Cet article me parait très-beau ; il n'y a que le pari que je vous conseillerai de changer, à cause que vous vous ôtes moqué de Pascal, qui se sert de la môme figure * . Remarquez encore, s’il vous plait, que vous citez Épicure, Protagoras, etc., qui vivaient tranquilles dans la .môme ville ; je crois qu’il ne

1. Voltaire, OEuvree compléta (Iieuchot), t. LV, p. 675, 076. Lettre de Voltaire à Frédéric. Au tome III du Supplément des ■auvret posthumes, elle est portée à l’année 175t. Mais ces lettres de Voltaire et do Frédérlo relatives aux articles du Dictionnaire ne peuvent être que de 1752. Collin! précise même l’époque où elles ont dû être écrites. Celui-ci, comme on le verra par la suite, n'etl pas infaillible, lui non plus. Mais d’autres indices nous ont déterminé à reporter cet échange de lettres entre le roi et le poète, au commencement d’octobre 1752.

2. Ibid., t. LV1, p. 195, 196. Lettre de Voltaire 5 Frédéric.

3. Ibid., t. XXVII, p. 172. Dictionnaire philosophique , au mol Athéisme. Cet article est bien de 1752 et non de 1751, comme cette apostrophe adressée à Maupertuis le démontre suffisamment : < Vous demandez pourquoi le serpent nuit. Et vous, pourquoi avez-vous nui tant de fois? Pourquoi avez-vous été persécuteur, ce qui est le plus grand des crimes pour un philosophe? • Ibid., p. 176.

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