‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 385 sur 431 · ARRIVÉE DE MADAME DENIS · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE MADAME DENIS

trouver un appui de plus, un appui purement moral, il est vrai, dans la présence de madame Denis, qui, au fait de tout par sa lettre et redoutant une captivité illimitée, était accourue pour partager ses peines et sa prison.

Cet auxiliaire ranima le vieillard. Us seraient trois pour combattre ; et madame Denis, par cela seul qu’elle étaitfemme, ne laisserait pas d’embarasser l’ennemi. Aussitôt informée de ce qui se passait, elle avait écrit à l’envoyé de Prusse en France, lord Keith, pour implorer ses bons offices. Tant qu’il était resté à Berlin, le ci-devant grand maréchal d’Écosse, avait été des soupers de Sans-Souci, et, comme il ne partit qu’à la fin d’aoûl 1751, il avait eu tout le loisir, une année durant, de connaître et d’apprécier le poëte ; et lorsqu’il prit congé, ce dernier l’avait chargé d’urt paquet pour sa nièce*. Voltaire nous a donné, si on ne l’a pas oublié, des détails curieux sur les habitudes et les mœurs du bon Écossais. Lord Maréchal va nous dire, de son côté, ce qu’il pense de l’auteur de la Henriade. 11 est vrai que son indépendance n’est pas complète. Des instructions formelles étaient venues de Berlin à Paris; il fallait à tout prix récupérer le livre de poésies, ainsi que le titre des pensions du chambellan démissionnaire, et notre diplomate avait déjà fait entendre à madame Denis qu’il n’y avait pour son oncle de sûreté que dans une absolue soumission. La lettre qui suit sent son paysan du Danube, son homme d’esprit, avec

1. Voltaire, OEuvrts compilas (Beuchot), t. LV, p. 639. Lettre de Voltaire à madame Denis; à Potsdam, le 24 août 1751.

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