‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 389 sur 431 · PROMESSES SACRÉES · texte numérisé non relu

PROMESSES SACRÉES

sera retrouvé1. Mon oncle croit qu’il est à Paris, peut-être est-il dans la caisse de Hambourg. Mais, pour satisfaire Votre Majesté plus promptement, mon oncle vient do dicter un écrit (car il n’est pas en état d'écrire) que nous avons signé tous doux; il vient d’être envoyé à milord Maréchal qui doit en rendre compte à Votre Majesté. Sire, ayez pitié de mon état et de ma douleur. Je n’ai de consolation que dans vos promesses sacrées et dans ces paroles si dignes de vous : Je serais au désespoir détre cause du malheur de mon ennemi, comment pourrais-je l'étre du malheur de mon ami? Ces mots. Sire, tracés de votre main, qui a écrit tant de belles choses, font ma plus chère espérance. Rendez à mon oncle une vie qu'il vous avait dévouée, et dont vous rendez la fin si infortunée; et soutenez la mienne; je la passerai comme lui à vous bénir.

La péroraison, quelque respectueuse qu’elle fût dans la forme, était un rappel significatif aux promesses de Frédéric, à ses protestations chaleureuses d’amitié, d’estime, presque de respect opposées aux appréhensions outrageantes de la nièce; car c’était pour neutraliser l’impression fâcheuse produite par une lettre de madame Denis que le prince avait écrit cette épître tendre, caressante, où se trouvait en effet

1. Ou s’étonne de l'importance qu’attache Frédéric u ravoir cette pièce. « Cet écrit, dit Voltaire dans sa déclaration, qui n'était pas un contrat, mais un pur effet de la bonté du roi ne tirant à aucune conséquence, était sur un papier de la moitié plus petit que celui-ci, que I large! porta de ma chambre à l'appartement du roi à Potsdam ; . H ne contenait autre chose qu'un remerciaient de ma part de la pension dont S. M. le roi de Prusse me gratifiait avec la permission du roi mon maître, et de celle qu’il accordait à ma nièce après ma mort et de la croix et de la clef de chambellan. Le roi de Prusse avait daigné mettre au bas de ce billet, autant qu'il m'en souvient : Je signe de grand cœur ce marché que j'avais envie de faire il y a quinte ans. » Duc de Luynea, Mémoirts , t. XII, p. 402. Déclaration de J/, de Voltaire au roi de Prusse, remise par lui au ministre de S. M . prussienne ù Francfort.,, juin 17 63.

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